Municipales 2026 : Juan Martinez, maire de Bellegarde, défend son bilan et sa vision pour la communauté de communes
À un peu plus d'une semaine du premier tour des élections municipales de 2026, Juan Martinez, maire de Bellegarde et président de la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence, se prépare à un scrutin aux multiples enjeux. Entre la réélection à la tête de sa ville et la préservation de la présidence de la communauté de communes, le maire affirme que cette élection compte double pour l'avenir du territoire.
Une campagne sous tension pour la présidence de la communauté de communes
La campagne se déroule dans un contexte de concurrence affirmée. Juan Martinez doit faire face aux ambitions du maire de Beaucaire, Nelson Chaudon, et du Rassemblement national, qui visent clairement la présidence de la communauté de communes. « Ils l'avaient déjà dans le viseur la dernière fois », rappelle-t-il, tout en soulignant l'importance stratégique de cette fonction. « Gérer la communauté de communes, c'est important pour l'ensemble du territoire, y compris Beaucaire », insiste-t-il, pointant les bénéfices financiers pour les communes membres, comme les taxes foncières générées par l'installation d'entreprises.
Le maire de Bellegarde regrette cependant une campagne qu'il juge trop focalisée sur des oppositions stériles. « Ce n'est pas Beaucaire contre le reste du monde. Juste le choix des électeurs », martèle-t-il, appelant chaque commune à prendre conscience que cette élection a une portée décuplée pour l'avenir collectif.
La viabilité et les ambitions de la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence
Interrogé sur la viabilité d'une communauté de communes à cinq villes, Juan Martinez répond par l'affirmative. Il met en avant des arguments solides : une population importante, des ressources conséquentes et des compétences étendues. « On est la communauté de communes la plus peuplée après les agglomérations de Nîmes, Alès et Bagnols », précise-t-il, ajoutant que la structure excède ses obligations légales en matière de santé et de numérique.
Parmi les réalisations phares, il cite le déploiement précoce d'une fibre communautaire dans les zones d'activité, bien avant l'arrivée de la fibre départementale. Il évoque également des discussions avec d'autres agglomérations sur la gestion des déchets et une dotation de solidarité communautaire de près de 2 millions d'euros reversée aux communes. « Mon objectif premier, c'est de stabiliser la communauté de communes. Sans guerres inutiles », résume-t-il, soulignant que l'intérêt commun réside dans le portage de politiques publiques, l'aménagement et la création d'emplois.
Des combats territoriaux partagés et des projets d'avenir
Juan Martinez et Nelson Chaudon trouvent un terrain d'entente sur au moins un dossier brûlant : l'opposition au projet de ligne à très haute tension entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer. Le maire de Bellegarde détaille l'état d'avancement, mentionnant une concertation nationale du débat public qui a souligné les difficultés majeures du projet. « On attend aujourd'hui la décision du préfet Paca », explique-t-il, tout en préparant une opposition farouche si la déclaration d'utilité publique est signée. « On n'est pas contre la décarbonation, mais ça ne peut pas se faire au détriment des territoires, notamment du Gard », argue-t-il.
Un second combat mobilise les élus : la finalisation du plan Rhône. Juan Martinez dénonce une réduction scandaleuse des travaux de sécurisation, laissant selon lui 19 000 personnes sans protection. « Cette sécurisation de tout le linéaire des 16 kilomètres de la rive droite est absolument indispensable », insiste-t-il, appelant l'État à respecter ses engagements.
Sur le front des projets, le maire énumère plusieurs initiatives pour la communauté de communes :
- Le développement de zones d'activité à Bellegarde et Beaucaire.
- Un projet portuaire à Fourques, lié à la digue du Petit Rhône.
- La réalisation de 45 kilomètres de voies vertes et des projets sur l'itinéraire de la Voie domitienne.
- Un soutien actif à l'installation de médecins, avec des contrats financés pour des étudiants.
Une passion intacte pour le mandat local
Face aux discours sur la désaffection de la fonction de maire, Juan Martinez affiche une détermination sans faille. « Je dis souvent que je suis un passionné, sinon je m'arrêterais », confie-t-il, exprimant son admiration pour les élus des petites communes qui sacrifient beaucoup pour leur territoire. Il défend le modèle des communautés de communes, qu'il juge plus adapté qu'une grosse agglomération pour une approche fine du territoire. « Donc non, je n'ai pas de lassitude. Bien au contraire, je suis déterminé », conclut-il, prêt à relever les défis des municipales 2026.



