Montpellier 2026 : Le refus des fusions électorales
À Montpellier, le paysage politique reste figé entre les deux tours des élections municipales de 2026. Contrairement à certaines attentes, aucune fusion de listes n'a été conclue, scellant ainsi le destin de plusieurs candidats et ouvrant la voie à une triangulaire décisive.
Le choix assumé de Mohed Altrad
Mohed Altrad a officiellement confirmé ce mardi le maintien de sa liste à l'identique pour le second tour, suivant ainsi l'exemple de Nathalie Oziol et Michaël Delafosse qui avaient déposé leurs listes sans modification dès le lundi 16 mars. Cette décision, défendue avec fermeté par son équipe de campagne, repose sur une philosophie politique jugée "claire" et "constante".
Salim Jawhari, directeur de campagne d'Altrad, a martelé cette position : "On ne peut pas imaginer qu'en 24 heures, pour un calcul électoral, on modifie le programme et la liste." Pour l'équipe, cette approche représente un respect fondamental envers les engagements pris, les colistiers, et surtout les électeurs. "Ce serait se moquer des près de 10 000 électeurs qui ont voté pour nous", a-t-il insisté.
Des discussions infructueuses avec d'autres candidats
Pourtant, des pourparlers ont bien eu lieu en coulisses. Mohed Altrad a engagé des discussions avec plusieurs têtes de liste, notamment Isabelle Perrein et Philippe Saurel, mais ces échanges n'ont abouti à aucun accord. Cette impasse a des conséquences politiques significatives.
Philippe Saurel, qui avait obtenu 8,86% des voix au premier tour et fut maire de Montpellier de 2014 à 2020, quittera ainsi le conseil municipal après plus de trois décennies de présence. De son côté, Isabelle Perrein, candidate de droite avec 7,50% des suffrages, voit s'évanouir son espoir de devenir une figure d'opposition à Michaël Delafosse pour préparer les échéances futures.
Salim Jawhari tempère cependant les tensions : "Ce n'est pas que nous ne nous sommes pas entendus, c'est que nous avions cette ligne depuis le départ." Une ligne directement inspirée par l'expérience de 2020, où la liste Altrad avait fusionné avec celles d'Alenka Doulain, Clothilde Ollier et Rémi Gaillard.
Une stratégie tournée vers les électeurs
Dans ce contexte de triangulaire confirmée, où Mohed Altrad doit rattraper 22 points sur le maire sortant Michaël Delafosse, l'équipe de campagne affiche une stratégie assumée. "Nous sommes la seule véritable alternative à la majorité sortante", affirme Salim Jawhari, convaincu que la réserve de voix du premier tour peut encore faire la différence.
L'objectif est désormais clair : courtiser directement les électeurs des autres listes plutôt que leurs têtes. "On ne s'adresse pas aux têtes de liste, mais aux électeurs. 67% des Montpelliérains ont exprimé leur désaccord avec la gestion actuelle. À nous de rassembler autour de notre projet", explique le directeur de campagne.
Cette approche représente un pari politique risqué mais cohérent avec la ligne défendue depuis le début de la campagne. Le camp Altrad mise sur la capacité de son programme à séduire les électeurs mécontents, dans une ville où les divisions politiques sont prononcées.



