Le retour de l'extrême droite à l'hôtel de ville
Douze ans après sa première élection d'élus dans la ville préfecture des Landes, le Rassemblement national fait son retour au Conseil municipal de Mont-de-Marsan. À l'issue du scrutin municipal du 27 mars 2026, le parti d'extrême droite a obtenu deux sièges, marquant ainsi un retour significatif dans l'assemblée locale après une absence lors du mandat précédent.
Un score contrasté mais suffisant
Lors du second tour, la liste menée par Nicolas Lerègle a recueilli 9,88 % des suffrages, soit 1 228 voix, lui permettant de décrocher deux sièges. Ce résultat représente toutefois un effondrement par rapport au premier tour où le RN avait obtenu 13,92 % des voix (1 654 bulletins), perdant ainsi plus de 400 votes entre les deux tours. « Ce résultat confirme que de nombreux électeurs ont voté Charles Dayot pour éviter Frédéric Dutin. C'est un mauvais calcul, cela n'a pas empêché son élection », a commenté Nicolas Lerègle lors de la soirée électorale.
Une présence qui contraste avec le passé
Lors de la mandature 2014-2020, le RN n'avait obtenu qu'un seul siège avec un score inférieur à 9 %. Mais cette présence avait été marquée par l'absence répétée de la tête de liste de l'époque, Julien Antunes, qui avait finalement démissionné en 2017 après avoir déménagé dans le Gers. Son remplacement par Mickaël Aulnette n'avait pas suffi à maintenir une présence active, et en 2020, le parti n'avait même pas présenté de liste.
Nicolas Lerègle entend bien rompre avec cette tradition d'absentéisme. « À la différence de Geneviève Darrieussecq ou encore de Charles Dayot, ma présence témoigne de ma volonté de vouloir siéger », a-t-il déclaré dès le Conseil municipal d'installation. « Je suis très heureux et très fier de faire partie de ce Conseil municipal de Mont-de-Marsan », a-t-il insisté, accompagné de Cindy Seguin, sa colistière en deuxième position.
Une opposition prometteuse
Dès son installation, le nouvel élu RN a montré ses intentions. « Nous remplirons notre rôle d'opposants avec intelligence et pugnacité », a-t-il prévenu. Après avoir « renouvelé ses félicitations républicaines » au nouveau maire, il n'a pas manqué d'envoyer une première pique : « Vous êtes un maire de gauche dans une ville qui a voté à 65 % à droite. Nous ne manquerons pas de vous le rappeler, notamment dans les choix budgétaires qui seront faits. »
Le RN bénéficiera également d'un siège au sein de Mont-de-Marsan Agglomération, élargissant ainsi son influence au niveau intercommunal.
Une stratégie d'implantation locale
Cette présence municipale s'inscrit dans une stratégie plus large du parti dirigé par Jordan Bardella, visant à s'implanter localement pour peser sur les élections sénatoriales. Pour ces municipales, le RN était également présent à Roquefort et à Saint-Julien-d'Armagnac.
Nicolas Lerègle a déjà d'autres scrutins en ligne de mire, notamment les probables législatives qui suivront la présidentielle de l'an prochain. Sa candidature sur la première circonscription des Landes, où le RN a déjà réalisé des scores importants, serait déjà envisagée et bénéficierait du soutien d'Edwige Diaz, députée de Gironde et vice-présidente du RN en charge de l'implantation locale.
En 2024, la candidate RN Véronique Fossey avait été battue par Geneviève Darrieussecq au second tour des législatives, tout en rassemblant un peu plus de 43 % des suffrages, montrant le potentiel électoral du parti dans ce territoire.



