Un climat électrique persiste à Béziers après les municipales
À Béziers, l'atmosphère politique reste tendue malgré la réélection sans appel de Robert Ménard aux municipales. Le maire a récemment exprimé son désaccord avec l'engagement politique de deux présidents de comités de quartier, Claude Cluzel et José Ruiz, qui figuraient sur des listes d'opposition lors du scrutin.
Une assemblée générale mouvementée à La Crouzette
Le samedi 11 avril, lors de l'assemblée générale du comité de quartier de La Crouzette, présidé par Claude Cluzel, Robert Ménard a clairement fait part de sa position. "Je ne veux pas d'une politisation des comités de quartier", a déclaré le maire, précisant que les présidents engagés politiquement devraient selon lui démissionner de leurs fonctions associatives.
Cette intervention a provoqué des réactions vives dans l'assistance, où des soutiens de Claude Cluzel et José Ruiz ont exprimé leur désaccord. Des exclamations comme "Elle est où la liberté ?" ou "Ce n'est pas l'idée que je me fais de la démocratie" ont ponctué la réunion.
La défense des présidents de quartier
Claude Cluzel, président de La Crouzette depuis quinze ans, a répondu fermement à ces accusations. "J'ai le droit, à titre personnel, de m'engager", a-t-il affirmé, questionnant l'existence d'une règle de droit interdisant aux responsables de comités de quartier de figurer sur des listes électorales. Il a déploré ce qu'il considère comme un mélange des genres, soulignant que "la politique, il en fait, lui !" en référence à Robert Ménard.
Le député Julien Gabarron, sur la liste duquel figurait José Ruiz, a également pris la défense des présidents concernés. "Il n'y a jamais eu de politique dans les comités de quartier", a-t-il insisté, précisant que ces associations étaient composées de personnes engagées et correctes qui ne mélangeaient pas leurs activités.
Les risques de politisation selon Robert Ménard
De son côté, Robert Ménard a persisté dans sa mise en garde. "Je mets en garde contre les risques de politiser les comités de quartier", a-t-il répété, expliquant que ces structures devaient rester des lieux dédiés aux préoccupations des quartiers, indépendants des affiliations politiques.
Le maire a toutefois précisé qu'il ne demandait pas la démission immédiate des présidents concernés, mais espérait que sa remarque serait suivie d'effets. "L'élection est terminée, maintenant on travaille sereinement", a-t-il conclu, exprimant sa volonté d'apaisement après le scrutin.
Un contexte institutionnel en évolution
Cette polémique intervient dans un contexte particulier où les fameux "conseils de quartier" se constituent progressivement à Béziers, comme l'impose la législation en vigueur. Ces nouvelles instances s'ajoutent aux comités historiques existants, créant une architecture participative plus complexe.
Le prochain rendez-vous politique est déjà programmé : l'assemblée générale du comité du Faubourg, présidé par José Ruiz, se tiendra le samedi 18 avril. Cet événement promet d'être suivi avec attention, alors que le climat reste électrique dans la ville héraultaise malgré la fin des élections municipales.



