Un débat municipal enflammé autour de l'arrivée de Cyclamen à Millau
Le projet d'installation de l'entreprise Cyclamen dans la commune de Millau a provoqué un vif débat lors d'une rencontre organisée par Midi Libre et le Journal de Millau ce mardi 3 mars 2026. Trois candidats aux élections municipales ont exposé des positions radicalement différentes sur ce dossier sensible qui mêle enjeux économiques et préoccupations environnementales.
Une opposition ferme fondée sur des risques sanitaires
Dalila Belaid-Artis a pris une position clairement hostile au projet, exigeant une consultation populaire préalable. "Il n'est pas possible que ce soit une entreprise vertueuse", a-t-elle déclaré, évoquant des problèmes documentés sur un site similaire en Moselle. La candidate a cité des rapports alarmants sur la pollution : "Dans les eaux à la sortie de l'usine, il y a des taux de métaux hallucinants. Le fer et l'arsenic multipliés par quatre, l'aluminium par trois, le plomb par deux et demi."
Elle a également mentionné des problèmes de poussière visibles sur les voitures et les arbres, ainsi que vingt-sept plaintes et deux mises en demeure en Moselle. Sa comparaison avec Tchernobyl a marqué les esprits : "Ça ne s'arrête pas à la limite de l'entreprise."
Une défense argumentée du projet industriel
Emmanuelle Gazel a présenté une vision radicalement différente, défendant le caractère vertueux de l'entreprise. "Cyclamen correspond à l'identité du territoire", a-t-elle affirmé, soulignant que l'entreprise recycle les déchets locaux plutôt que de les enfouir. La candidate a insisté sur son refus de mettre en balance emplois et pollution.
Pour répondre aux inquiétudes, elle a annoncé avoir demandé à la préfète de renforcer les contrôles et proposé l'installation d'une borne Atmo, dont le coût de 12 000 euros serait pris en charge par l'entreprise. Après avoir contacté le maire de la commune mosellane accueillant déjà Cyclamen, elle a rapporté ses propos rassurants : "Il m'a dit qu'il habite à proximité de l'usine, qu'un seul riverain se plaint."
Une position nuancée mais critique
Christophe Saint-Pierre, plus discret récemment sur ce dossier, a adopté une position nuancée mais critique. "Je ne veux pas faire de procès d'intention", a-t-il commencé, reconnaissant la nécessité d'accueillir des entreprises créatrices d'emplois. Cependant, il a soulevé plusieurs ambiguïtés préoccupantes.
Le candidat a questionné la nature exacte des activités (tri ou traitement), les tonnages réels, et surtout la localisation problématique : "Le lieu est situé au milieu d'une zone agricole dont la majorité est en bio, à proximité de la future cuisine centrale." Il a exprimé des craintes concernant d'éventuels problèmes qui pourraient affecter l'approvisionnement alimentaire quotidien.
Un échange tendu entre candidats
L'échange s'est particulièrement tendu lorsque Emmanuelle Gazel a lancé à Christophe Saint-Pierre : "Arrêtez les fausses peurs ! C'est vous et vos équipes qui avaient identifié cette zone dans le Sud-Aveyron pour un développement industriel !" Elle a ensuite précisé que l'activité serait uniquement du tri, et que toute évolution du projet nécessiterait une nouvelle autorisation.
Ce débat révèle les profondes divisions qui traversent la campagne municipale millavoise, où les questions environnementales et économiques s'entremêlent de manière particulièrement complexe. L'installation de Cyclamen promet de rester un sujet majeur jusqu'aux élections de 2026, cristallisant des visions différentes du développement territorial.



