Michel Cadet, du Périgord vert à l'hôtel de ville de Périgueux
Michel Cadet a grandi dans le Périgord vert, au sein d'une famille modeste où son père était ouvrier. Ce fils d'ouvrier a très tôt mis sa force de travail au service d'une ambition : devenir médecin. Son engagement politique à droite est plus tardif, mais il a finalement troqué son stéthoscope pour ceindre une écharpe tricolore. Michel Cadet, médecin retraité, deviendra samedi 28 mars le nouveau maire de Périgueux en Dordogne. L'élu de 64 ans le reconnaît lui-même : les soutiens de la première heure se comptent sur les doigts de deux mains. Qu'importe, le sexagénaire vante un succès collectif. Son équipe, il l'a voulue soudée, avec des compétences, mais sans tête qui dépasse. « Je veux faire de la politique autrement », glisse l'intéressé.
Un parcours marqué par la rigueur et le dévouement
« Quand Michel s'engage dans quelque chose, il y va à fond », vante Sandra Meloni Peycher, la directrice de campagne. Un style laborieux également loué par l'un des deux frères de l'édile, Jean-Marc Cadet. Ils partagent un nom et d'étonnantes similitudes physiques : « C'est un bosseur. Nous venons d'un milieu modeste, nous étions boursiers. C'est son travail qui lui a permis d'arriver là où il en est. » Michel Cadet a grandi dans un des villages les plus septentrionaux du Périgord, Saint-Barthélemy-de-Bussière. La commune du Périgord vert a longtemps été le fief d'un baron socialiste, Bernard Bioulac. « On ne partage pas les mêmes idées », s'amuse l'ancien président du Département. Il garde en mémoire « un jeune garçon extrêmement volontaire ». Le neurobiologiste dépeint : « Son papa était ouvrier, très à gauche, et sa maman, une femme admirable. Il a eu beaucoup de mérite, il s'est élevé par son sens de la rigueur et de l'organisation. »
Des racines théâtrales et une vocation médicale affirmée
Lors de son dernier meeting avant le premier tour, Michel Cadet avait d'ailleurs eu un mot pour « son ami », en revenant, avec beaucoup d'humour, sur une rocambolesque prestation théâtrale. Les deux hommes avaient partagé la scène à l'occasion d'une fête à Saint-Barthélemy et incarnaient les personnages de la pièce « On purge bébé » de Georges Feydeau. « Ce n'était pas une réussite », confessent les protagonistes. Ils se sont retrouvés, des années plus tard, à la faculté de médecine de Limoges. « Il m'avait demandé d'être dans son jury de sa thèse sur l'urologie et s'en était très bien sorti », reprend Bernard Bioulac. La vocation de Michel Cadet ne sera jamais la politique. « C'est ma profession de médecin qui a fait ce que je sais, c'est ma profession qui a fait ce que je suis » n'a cessé de répéter le candidat victorieux lors de chaque meeting. Après un court exil, le Périgourdin est revenu sur ses terres et s'est fixé à Périgueux, sa ville natale. Son accomplissement ? La création d'un cabinet médical, place Plumancy. Ce père de quatre enfants a cessé d'exercer il y a maintenant quelques mois.
Engagements associatifs et passion pour le sport
Son nouveau mandat ne lui laissera pas le loisir de profiter d'une retraite oisive et de s'adonner à ses passions. « Michel s'est beaucoup impliqué dans le folklore », reprend Jean-Marc Cadet. Bernard Bioulac abonde : « Il s'est occupé pendant longtemps de Lous Picataus de la Tour, à Piégut-Pluviers. Il parle très bien l'occitan du Nord. » Ces dernières années, le Périgourdin s'était davantage fait connaître en tant que président du Périgueux Canoë-Kayak, structure amarrée au moulin de Sainte-Claire. « Il connaît par cœur l'histoire de la ville. Quand nous naviguions sur l'Isle, il me parlait de tous les bâtiments », détaille la championne du monde de kayak Manon Hostens, toujours licenciée à Périgueux. Elle ajoute : « Michel Cadet a toujours été d'un grand soutien, dans les victoires comme dans les défaites. Dès qu'il a su que j'étais qualifiée pour les Jeux olympiques de Rio, il a tout de suite pris ses billets d'avion. »
Une entrée en politique sous le signe d'Horizons
C'est d'ailleurs parce qu'il était président de club sportif qu'Antoine Audi, candidat à sa succession en 2020, est venu le débaucher. « C'est parce que j'ai de l'estime pour lui que je lui avais proposé d'être numéro 3 sur ma liste », contextualise ce dernier, moins dithyrambique que d'autres. Michel Cadet s'est lancé dans l'arène politique en 2020. « On va dire que Michel Cadet est quelqu'un… d'analytique. On va voir ce que ça va donner à l'épreuve du feu », avance l'ancien premier magistrat de droite, qui a siégé six ans sur les bancs de l'opposition avec Michel Cadet. Candidat malheureux en 2026, Antoine Audi a chassé toutes les investitures politiques de la droite et du centre. Il lui en a manqué une, dévolue à Michel Cadet (qui a pourtant refusé de s'en prévaloir) : Horizons. « Il est adhérent au parti d'Édouard Philippe quasiment depuis sa création », insiste le référent départemental Clément Tonon, comme pour éloigner le spectre « de la droite dure » brandi par le socialiste sortant, Émeric Lavitola.
Un mandat sous le signe du renouveau
L'épisode du déjeuner organisé en décembre 2024 avec la représentante du Rassemblement national a d'ailleurs phagocyté toute la fin de campagne. « Humainement, Michel Cadet n'est pas d'extrême droite, mais c'est toute la droite républicaine qui dérive », nuance l'Insoumis Vincent Belloteau. « Il fera un très bon maire », prophétise Jean-Marc Cadet, pour le coup pas le plus objectif. Durant sa campagne, son frère a posé un diagnostic sévère sur l'état de la cité. Reste à savoir si son remède est le bon. Michel Cadet, avec son parcours de médecin et son engagement associatif, incarne une figure politique atypique, prête à relever les défis de Périgueux avec détermination et une approche renouvelée.



