Publicité « Nous avons un rôle à jouer » : à Menton, le Parti socialiste veut reprendre du terrain au Rassemblement national. L’ancienne directrice de campagne du candidat de la gauche aux élections municipales de Menton, Sabine Vandepitte, relance la section du Parti socialiste dans la cité du citron et entend occuper le terrain entre les périodes d’élections.
Un pari nécessaire pour la gauche mentonnaise
Menton n’est pas une ville de gauche. Sabine Vandepitte le dit elle-même, sans détour. Mais c’est précisément là, dans cette cité gouvernée depuis les dernières élections municipales par le Rassemblement national, que l’ancienne directrice de campagne de Laurent Lanquar Castiel (liste Printemps Mentonnais) a choisi de relancer la section locale du Parti socialiste. Un pari ambitieux ? « Nécessaire », répond-elle.
Une première réunion de relance a eu lieu le 21 mai à Menton en présence de José Garcia Abia, premier secrétaire du PS dans les Alpes-Maritimes et de Raphaël Manier, secrétaire national adjoint du parti en charge des fédérations.
Des résultats électoraux modestes mais porteurs d'espoir
Avec 9,05 % des voix lors du premier tour, la campagne des élections municipales de mars 2026 n’a pas été à la hauteur des espérances, certes, mais elle a laissé une trace selon les militants. La liste de gauche a rassemblé plus de 1 300 électeurs dans un scrutin dominé par les formations de droite et d’extrême droite. « Ce ne sont pas des résultats mirobolants, reconnaît Sabine Vandepitte, mais ils montrent qu’il y a plusieurs centaines de familles qui se reconnaissent dans nos valeurs. »
À cela s’ajoute une forte abstention — plus de 9 100 Mentonnais n’ont pas voté. Un vivier que la militante entend convaincre.
Occuper le terrain et pas seulement les urnes
Le reproche lui a été adressé : la gauche n’apparaît que le temps d’une campagne. « On nous a reproché de ne pas être visibles en dehors des élections », admet-elle. C’est précisément ce que cette relance entend corriger.
Une page Facebook PS-Menton est déjà active. Une réunion de section est prévue le mercredi 24 juin à 18 h, au local situé 9 montée du Souvenir, pour rassembler militants et futurs adhérents autour d’une programmation jusqu’à la fin de l’année.
En parallèle, le Printemps mentonnais — la coalition de gauche qui avait porté la liste aux dernières élections — doit se transformer en association, afin d’organiser conférences, débats, projections et événements culturels. Laurent Lancart-Castiel, figure des Verts locaux et tête de liste en 2026, est pleinement associé au projet. « Il n’y a pas de concurrence, insiste Sabine Vandepitte. On est dans la complémentarité. »
Une critique mesurée mais ferme de la municipalité RN
Sur les premiers mois de la municipalité dirigée par Alexandra Masson (RN), le ton est mesuré mais sans ambiguïté. « Beaucoup de communication, peu de débats », tranche-t-elle. Elle pointe la difficulté d’accès aux procès-verbaux des conseils municipaux, les cafouillages sur les crèches en période de vacances, les tensions avec le monde associatif, l’augmentation des indemnités et frais de représentation ou encore des conseils municipaux tenus le matin — autant de signaux qu’elle juge « très inquiétants » pour la suite du mandat.
Elle se dit néanmoins plus dans la proposition que dans la critique. Exemple concret : le financement des BAFA pour les jeunes Mentonnais, afin d’élargir le vivier d’animateurs sur la commune. « Ça marche ailleurs. Ça pourrait fonctionner ici. »
Trois axes prioritaires pour la section PS
Les thématiques qui seront mises sur la table par la section locale du PS s’articulent autour de trois axes :
- Services publics : crèches, écoles, accueil de loisirs — mis à mal, selon l’ancienne élue d’opposition de Roquebrune-Cap-Martin, par les premières décisions municipales.
- Écologie et littoral : des travaux d’aménagement dans la baie de Garavan l’inquiètent par leur manque de transparence. « Des décisions sont prises qui vont impacter la physionomie de notre commune pour trente ans », dit-elle.
- Logement : Menton paie chaque année plus d’un million et demi d’euros d’amende pour insuffisance de logements sociaux. La moitié des logements de la ville serait vide. « La principale préoccupation des Mentonnais, c’est le logement. C’est un débat qui doit être porté. »
Un appel aux déçus et aux abstentionnistes
À ceux qui douteraient, ou qui auraient cessé de voter, Sabine Vandepitte tient un discours simple. « Le maire est le patron d’une commune. C’est lui qui décide des services publics, du logement, du développement économique. Voter pour un maire, ça compte. »
Et pour les déçus du RN comme pour les abstentionnistes, elle avance un argument qu’elle assume volontiers : « Ils ont essayé la droite, ils ont essayé l’extrême droite… il n’y a plus qu’à essayer la gauche. Nous devons renforcer notre position en ville, nous avons un rôle à jouer ! »



