Municipales 2026 à Mende : Le casse-tête des indemnités du maire
À l'approche des élections municipales de 2026, la question des indemnités perçues par le maire de Mende, ville-préfecture de la Lozère, suscite un vif intérêt. Le calcul de cette rémunération, influencé par le statut de chef-lieu de département et de commune classée station de tourisme, représente un véritable défi de transparence et de compréhension pour les citoyens.
Un historique complexe d'indemnités
Depuis la démission d'Alain Bertrand en décembre 2016, Laurent Suau a occupé le fauteuil de maire de Mende. Les données de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique révèlent une évolution fluctuante de ses indemnités nettes : 44 313 € en 2017, puis une baisse à 34 508 € en 2018 et 34 007 € en 2019. En 2020, le conseil municipal a fixé le taux à 48,19 % de l'indice terminal de la fonction publique, bien en deçà de la limite maximale de 65 %, aboutissant à 33 737 € net.
La situation s'est complexifiée en 2022 avec une majoration de l'indemnité autorisée par les statuts spécifiques de Mende, suscitant des critiques de l'opposition. Malgré cela, Laurent Suau est resté sous le plafond maximal autorisé, même en cumulant ses mandats de maire, président de la communauté de communes Cœur de Lozère et vice-président du conseil départemental.
Les positions des candidats pour 2026
Les prétendants à la mairie affichent des approches divergentes :
- Stéphanie Maurin, tête de liste de la majorité sortante, souhaite maintenir le niveau actuel, rejetant l'idée de bénévolat mais sans ambition d'augmentation.
- Emmanuelle Soulier critique le manque de transparence et promet de ne pas dépasser 2 000 €, refusant toute indemnité de la communauté de communes.
- Hermelen Peris estime qu'une indemnité entre 2 000 et 3 000 € n'est pas indécente, tout en reconnaissant une méconnaissance du sujet.
- Patrice Saint-Léger n'a pas répondu aux sollicitations.
La situation actuelle et les perspectives législatives
Depuis août 2024, Régine Bourgade a succédé à Laurent Suau. Bien que les données de la HATVP ne soient pas encore disponibles, on estime qu'elle perçoit environ 3 011 € brut mensuel, soit 2 720 € net, bénéficiant de son statut de retraitée qui réduit ses cotisations.
Une évolution majeure intervient avec la loi Gatel de décembre 2025, qui permet une augmentation de 4 % du plafond d'indemnités pour les communes de la taille de Mende. Ainsi, le nouveau maire élu en 2026 pourra prétendre à un maximum de 2 836,25 € brut, auxquels s'ajoutent les majorations liées aux statuts spécifiques de la ville. Le montant net final dépendra du niveau de cotisations sociales de l'élu.
Ce cadre renouvelé ouvre la voie à des débats essentiels sur la juste rémunération des élus locaux, entre transparence, équité et attractivité des mandats.



