Marseille : vers une triangulaire explosive au second tour des municipales
Marseille : triangulaire explosive au second tour des municipales

Marseille se prépare à un second tour historique et divisé

À l'issue d'un premier tour serré, la ville de Marseille s'achemine vers une triangulaire explosive pour le second tour des élections municipales. Le maire sortant de gauche Benoît Payan, arrivé en tête avec 36,70% des voix, a fermement refusé toute alliance avec La France insoumise, tandis que la candidate de la droite et du centre Martine Vassal a annoncé le maintien de sa liste. Face à eux, le candidat du Rassemblement national Franck Allisio, crédité de 35,02%, représente une menace sérieuse de basculement politique dans la cité phocéenne.

Les positions se cristallisent, les alliances se refusent

Martine Vassal, présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence et du département des Bouches-du-Rhône, a obtenu 12,41% des suffrages. Malgré les appels au retrait venant notamment du maire de Nice Christian Estrosi et de Franck Allisio lui-même, elle a confirmé sa participation au second tour. « Je prends acte de ce résultat qui nous place en troisième position. Je veux l'affirmer avec clarté : nos courants doivent continuer à être représentés », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

De son côté, Benoît Payan a adopté une position inflexible concernant LFI. « On a toujours été très clair », a-t-il affirmé aux médias, « face au Rassemblement national, il n'y a ni compromission ni tambouille ni arrangement ». Le maire sortant de 48 ans a déposé sa liste en préfecture dès lundi matin, entouré de ses colistiers, affichant un air confiant et déterminé. Il a catégoriquement fermé la porte à tout rapprochement avec le député LFI Sébastien Delogu, arrivé quatrième avec 11,94%.

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Les réactions politiques s'enchaînent depuis Paris

La situation marseillaise a rapidement mobilisé les responsables politiques nationaux. Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste, a lancé un appel « solennel » demandant à La France insoumise et à Martine Vassal de « se retirer » pour faire barrage au RN. En réponse, Jean-Luc Mélenchon a vivement critiqué Benoît Payan sur le réseau social X, qualifiant sa position de « consternante irresponsabilité arrogante ».

Franck Allisio a quant à lui renouvelé ses appels au rassemblement. « J'appelle tous les électeurs de Madame Vassal à me rejoindre mais j'appelle également Madame Vassal à me rejoindre, la politique du pire n'est jamais la bonne solution », a-t-il déclaré sur Franceinfo.

Une population marseillaise profondément divisée

Les Marseillais, qui se sont peu mobilisés avec une participation de 52,17% inférieure à la moyenne nationale, apparaissent extrêmement partagés. Estelle Lasfargues, orthophoniste de 48 ans, exprime son inquiétude : « Je suis assez inquiète de ce qui va se passer au deuxième tour. Je suis inquiète par la montée de l'extrême droite, et j'espère que les Marseillais vont pouvoir se rassembler pour poursuivre une politique de vivre ensemble ».

À l'inverse, Sandra Dahan, commerçante de 53 ans, soutient ouvertement le RN : « On espère vraiment qu'Allisio reprenne Marseille en main. Que les gens puissent aller à la Canebière, se promener sans risque, qu'il n'y ait plus de drogue qui circule ». Béatrice Paul, 62 ans, reste quant à elle pessimiste : « Moi, je pense qu'au deuxième tour, le RN risque de passer. Franchement. Je ne sais pas ce que ça sera pour Marseille ».

Un enjeu symbolique majeur pour la gauche française

La perte de Marseille représenterait un coup dur symbolique pour la gauche française. Benoît Payan a lui-même qualifié un possible basculement à l'extrême droite de « séisme » pour cette ville historiquement façonnée par les métissages. Les militants insoumis marseillais, bien que résignés, maintiennent un semblant d'espoir. Fabien, 39 ans, déclare : « C'est sûr, on aurait préféré être en position de force. Mais l'essentiel, c'est que la gauche ne perde pas cette ville. Chacun sait ce qu'il a à faire pour que ça n'arrive pas ».

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Le second tour s'annonce donc comme un moment crucial non seulement pour l'avenir politique de Marseille, mais aussi pour les équilibres politiques à l'échelle nationale. La triangulaire confirmée promet une campagne intense jusqu'au scrutin décisif.