Des maires RN retirent les drapeaux européens des mairies, le gouvernement dénonce du populisme
Maires RN retirent drapeaux européens, gouvernement critique

Des maires RN retirent les drapeaux européens des façades de leurs mairies

Un geste qualifié de « symbolique » par plusieurs maires du Rassemblement national (RN) a suscité des réactions politiques vives. Des responsables RN élus aux dernières élections municipales ont en effet retiré les drapeaux européens des façades de leurs mairies, affirmant vouloir privilégier les symboles nationaux et régionaux.

Des actions concrètes dans plusieurs communes

Dimanche, le maire de Carcassonne, Christophe Barthès, a publié sur X un message accompagné d'une vidéo où on le voit décrocher lui-même le drapeau européen de la façade de la mairie. « Dehors les drapeaux européens à la mairie ! Place aux drapeaux français », a-t-il écrit, laissant ainsi les drapeaux tricolore et occitan en place. Peu après son installation, cette action a marqué son entrée en fonction.

Lundi, Bryan Masson, nouvel édile de Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes, a suivi le mouvement en publiant une photo de la façade de l'hôtel de ville, également dépourvue de drapeau européen. De même, Anthony Garénaux-Glinkowski, maire RN de Harnes dans le Pas-de-Calais, avait pris l'initiative dès son installation le 24 mars de retirer non seulement le drapeau européen, mais aussi le drapeau ukrainien.

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Le gouvernement dénonce du « populisme »

Le ministre chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, a vivement critiqué ces actions lors d'un entretien avec l'AFP. « Vont-ils aussi refuser les fonds européens que touchent nos agriculteurs, nos entreprises pour la réindustrialisation, nos territoires ? Vont-ils rendre leurs indemnités du Parlement européen ? », s'est-il interrogé. Il a fustigé ces retraits en les qualifiant de « populisme qui montre que le RN n'a pas changé ».

Valérie Hayer, députée européenne macroniste, a également dénoncé ces gestes sur X, affirmant : « Ils s'opposent à l'Union européenne et veulent mettre fin à la contribution française. Un véritable Frexit qui ne dit pas son nom. »

Arguments juridiques et historiques avancés par le RN

Des cadres du RN ont mis en avant d'autres arguments pour justifier ces retraits. Le député Jean-Philippe Tanguy a ainsi écrit sur X : « les Français ont refusé par référendum en 2005 le drapeau européen, il est donc illégitime en France. » Cette référence au rejet du traité constitutionnel européen par référendum sert de base à leur position.

Il est important de noter qu'aucun texte de loi n'oblige la présence du drapeau européen sur les façades des mairies, à l'exception du 9 mai, journée de l'Europe. La Constitution française ne reconnaît officiellement que le drapeau tricolore, ce qui laisse une marge de manœuvre aux élus locaux.

Contexte législatif et précédents

Une proposition de loi visant à rendre obligatoire le pavoisement des drapeaux français et européen au fronton des mairies de communes de plus de 1 500 habitants avait été adoptée par l'Assemblée nationale en 2023. Transmise au Sénat, elle n'a pas encore été examinée par la chambre haute du Parlement, laissant le débat en suspens.

En janvier dernier, plusieurs mairies, principalement de communes rurales, avaient déjà décroché le drapeau européen en soutien aux agriculteurs qui dénonçaient le traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur. Ces actions montrent une tendance récurrente de contestation symbolique de l'UE au niveau local.

Contactés par 20 Minutes, plusieurs élus RN concernés par ces retraits n'ont pas répondu aux demandes d'interview, laissant planer le silence sur leurs motivations profondes au-delà des déclarations publiques.

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