Emmanuel Macron a rendu un hommage solennel à Marc Bloch, historien médiéviste et figure de la Résistance, en faisant entrer ses cendres au Panthéon. Lors de la cérémonie, le président a livré un discours martial, mettant en garde contre « l'esprit de défaite » qui menace la France contemporaine.
Un hommage à un double héritage
Marc Bloch, cofondateur de l'École des Annales, est mort fusillé par les nazis en 1944. Son entrée au Panthéon, aux côtés des grandes figures de la nation, est un symbole fort. Macron a salué en lui « l'historien de la liberté » et le « résistant de la première heure ». Il a rappelé que Bloch, juif et patriote, avait refusé de plier face à l'occupant.
Un discours politique sous tension
Le chef de l'État a profité de cette cérémonie pour adresser un message à la France d'aujourd'hui. « Ne cédons pas à l'esprit de défaite », a-t-il lancé, dans une référence implicite aux crises multiples (sociales, économiques, géopolitiques). Selon l'Élysée, ce discours visait à « rappeler la force de l'engagement républicain ». Macron a également cité l'ouvrage majeur de Bloch, L'Étrange Défaite, écrit en 1940, qui analyse les causes de la débâcle française.
Un appel à la vigilance
Le président a insisté sur la nécessité de « ne jamais se résigner ». Il a évoqué les « périls » actuels, sans les nommer explicitement, mais en faisant allusion aux menaces contre la démocratie et l'unité nationale. « Marc Bloch nous enseigne que la défaite n'est jamais écrite d'avance », a-t-il déclaré. Une manière de répondre aux critiques qui accusent son gouvernement de céder aux pressions populistes.
Une cérémonie chargée de symboles
La panthéonisation a eu lieu en présence de la famille de Bloch et de nombreuses personnalités politiques. Le cercueil, recouvert du drapeau tricolore, a traversé la cour de la Sorbonne avant de rejoindre le monument. Des extraits des œuvres de l'historien ont été lus par des comédiens. L'armée a rendu les honneurs, tandis que la Marseillaise retentissait.
Un message pour l'Europe
Emmanuel Macron a également placé cet hommage sous le signe de l'Europe. Marc Bloch, dont l'œuvre a marqué l'historiographie européenne, incarne selon lui « l'esprit de résistance » qui doit guider le continent face aux défis contemporains. « Son combat était celui de la liberté contre la barbarie », a-t-il souligné.
Une opposition en retrait
Si la cérémonie a rassemblé la majorité présidentielle, l'opposition est restée discrète. Certains élus ont toutefois critiqué ce qu'ils perçoivent comme une récupération politique. « On ne panthéonise pas pour faire de la communication », a réagi un député LFI. Mais pour l'Élysée, cet hommage transcende les clivages.



