Une élue d'opposition ciblée par des affiches anonymes à Saint-Macaire
Isabelle Buin-Bourjalliat, élue d'opposition à Saint-Macaire et ancienne tête de liste lors des dernières élections municipales, a fait une découverte choquante près de son domicile. Vendredi 27 mars, elle a trouvé plusieurs affiches la caricaturant de manière grossière, dispersées dans son voisinage immédiat. Cette action anonyme intervient dans un contexte local déjà marqué par des tensions politiques vives, suite à une campagne électorale particulièrement serrée.
Des caricatures blessantes et des messages provocants
Les affiches reprennent une photographie d'Isabelle Buin-Bourjalliat, utilisée durant la campagne municipale, retouchée pour la représenter en clown avec un nez rouge et un nœud papillon difforme. Des mentions moqueuses accompagnent l'image : « Carnaval », « Cauchemars », « On a perdu, on rit jaune ! » et « Toute ressemblance avec des personnes réelles serait fortuite… ». L'élue, visiblement affectée, exprime son indignation : « Heurtée, blessée, outrée… On ne devient pas élue pour être ciblée comme ça », répète-t-elle, soulignant le caractère personnel et menaçant de cette diffusion à proximité de son domicile.
Un contexte électoral local particulièrement tendu
Cette affaire survient après une élection municipale extrêmement disputée à Saint-Macaire. Le scrutin du 15 mars s'est conclu par une victoire très étroite de la liste menée par Dominique Scaravetti, premier adjoint du maire sortant, avec 50,68 % des voix (445 suffrages) contre 49,32 % (433 voix) pour celle d'Isabelle Buin-Bourjalliat. Quelques jours après ce résultat, un recours a été déposé par un membre de la liste battue, dénonçant des irrégularités durant la campagne. Le nouveau maire, Dominique Scaravetti, affirme que son équipe n'est pas impliquée dans l'affaire des affiches : « Évidemment que ça ne provient pas de nous », déclare-t-il, regrettant que cette situation « remette une pièce dans la machine ».
Des accusations de sexisme et une plainte non déposée
Stéphane Lhomme, colistier sur la liste d'opposition et à l'origine du recours électoral, qualifie cet incident de « déferlement sexiste ». Il rappelle qu'Isabelle Buin-Bourjalliat était la première femme à mener une liste municipale à Saint-Macaire, une perspective qu'il estime « inacceptable pour les habitants les plus misogynes et lâches ». De son côté, l'élue visée dit ne pas vouloir « désigner de responsable » à ce stade et n'a pas déposé plainte. Elle insiste sur l'impact personnel de cette exposition, évoquant son statut de femme, de mère de famille et d'ancienne professeure des écoles : « Je pense aux élèves, aux enfants. C'est violent », confie-t-elle, toujours sous le choc de cette expérience.



