Une séance houleuse au conseil départemental de la Lozère
Le conseil départemental de la Lozère s'est réuni en session ordinaire le mercredi 25 février 2026 à Mende, dans une atmosphère tendue où accusations et reproches ont fusé entre majorité et opposition. Trois points principaux figuraient à l'ordre du jour, mais c'est le premier, concernant le nouveau programme d'accompagnement financier des collectivités locales, qui a particulièrement enflammé les débats.
La fin des contrats territoriaux pluriannuels
Le président Laurent Suau a confirmé la mise en œuvre d'une de ses promesses de campagne : la fin de la contractualisation pluriannuelle avec les collectivités pour soutenir leurs investissements. Désormais, les fonds seront attribués annuellement, et non plus sur plusieurs années, marquant ainsi la fin des contrats territoriaux en vigueur jusqu'alors.
L'opposition, par la voix de Jean-Louis Brun, a vivement regretté cette décision, estimant qu'"une programmation annuelle ne permet pas aux collectivités de faire de la planification de projets importants". Il a souligné que cette modification allait perturber les modes de planification des communes, limitant potentiellement leur capacité à porter des projets structurants.
La défense de la majorité
En réponse, Laurent Suau a rétorqué que les contrats territoriaux n'avaient pas fonctionné de manière optimale. "Sur 40 millions d'euros entre 2022 et 2025, on en a rendu 10, ce n'est pas la panacée non plus", a-t-il affirmé. Selon lui, seules certaines collectivités locales capables de programmation pluriannuelle en tiraient réellement profit, à condition que les autres financeurs (Région, État) suivent. Il a ajouté que beaucoup de communes n'avaient pas cette vision à moyen ou long terme.
Le président a présenté les nouveaux dispositifs financiers :
- Le Fonds d'investissement cantonal (Fic) pour les projets de 5 000 à 10 000€ HT portés par des communes de moins de 1 000 habitants
- Le Fonds de réserve d'appui au territoire (Frat) pour les projets de 10 000 à 50 000€ HT
- Le Fonds stratégique d'aménagement pour la Lozère (Fsal) pour les autres projets
Concernant le Fic, Jean-Louis Brun a donné l'exemple de son canton de Langogne qui bénéficie d'une enveloppe de 25 000€, estimant qu'elle serait rapidement consommée. Laurent Suau lui a sèchement répondu : "Si vous n'êtes pas d'accord, vous pouvez refuser l'enveloppe."
Un climat toujours aussi tendu
Les habituels reproches ont accompagné toute la séance, chaque camp accusant l'autre de ne pas contribuer à l'apaisement. Jean-Louis Brun a pointé "des propos tenus non conformes à la loi" lors de la séance du 18 décembre 2025, tandis que Laurent Suau a évoqué un courrier envoyé aux entreprises, questionnant le cadre légal de cette initiative.
Chacun a promis à l'autre de faire étudier la légalité de ces faits, confirmant que l'apaisement n'était pas pour l'immédiat dans les relations politiques lozériennes.
La vente de la Maison de la Lozère à Paris
Un autre point a été abordé : la vente des locaux de la rue Hautefeuille à Paris où se trouve la Maison de la Lozère. Le restaurant qui y était installé a fermé, de même que le comptoir qui lui avait succédé. Le Département a reçu deux offres d'achat distinctes pour les lots (restaurant et salles de réunion) "à hauteur de 800 000€, dans la fourchette haute des estimations", selon Laurent Suau.
Le Département recherche désormais "un lieu plus passant dans le Marais haut pour y installer un nouveau point de vente". L'ensemble des locaux de la rue Hautefeuille seraient alors abandonnés, mettant fin à une présence parisienne historique de la Lozère.



