L'Assemblée adopte à l'unanimité une loi écologiste sur la protection des lanceurs d'alerte du narcotrafic
Loi écologiste adoptée pour protéger les lanceurs d'alerte du narcotrafic

Une loi écologiste adoptée à l'unanimité contre l'avis du gouvernement

L'Assemblée nationale a adopté jeudi matin, à l'initiative des écologistes, une proposition de loi visant à étendre la protection des lanceurs d'alerte dans la lutte contre le narcotrafic. Le texte a été voté à l'unanimité avec 123 voix pour et 0 contre, recueillant le soutien de la gauche tandis que le reste de l'hémicycle s'est abstenu, y compris les groupes de la coalition gouvernementale.

Un message fort aux trafiquants

La rapporteure Sandra Regol a défendu le texte en déclarant : « Nous pouvons envoyer un message aux trafiquants, à ceux qui violentent, à ceux qui tuent. En donnant à celles et ceux qui parlent et agissent aujourd'hui sans cadre et sans protection, une protection adaptée pour continuer à le faire. » Le texte prévoit d'inscrire dans la loi un mécanisme de protection plus large que celui existant, s'étendant aux personnes non impliquées dans une procédure judiciaire.

L'opposition du ministre de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est prononcé contre la proposition, estimant que l'État garantit déjà la protection des personnes menacées, que ce soit dans un cadre judiciaire ou administratif. Il a ouvert ses propos en adressant son soutien à Ouassila Benhamdi, mère d'Amine Kessaci, qui vit sous protection policière après l'assassinat de son frère Mehdi, probablement un crime d'intimidation lié à son engagement contre le narcotrafic.

Les mesures de protection envisagées

Le texte prévoit que les services locaux de police et de gendarmerie mettent en place ces mesures, avec la saisine d'un service national lorsque la menace le justifie. Les dispositifs pourraient inclure :

  • L'inscription d'un numéro de téléphone sur une liste prioritaire
  • L'attribution d'une identité d'emprunt
  • Le bénéfice d'une protection rapprochée
  • La mise à disposition d'un téléphone grave danger

Les critiques et réserves exprimées

Lors des débats, plusieurs députés ont émis des réserves. Michaël Taverne (RN) a reproché aux écologistes de vouloir « se donner bonne conscience » avec ce texte, les accusant de voter systématiquement contre tout moyen supplémentaire donné à la police. Les groupes de la coalition gouvernementale se sont abstenus, exprimant des doutes sur la solidité opérationnelle du dispositif.

Le député Vincent Caure (Renaissance) a reconnu l'intérêt de créer un mécanisme de protection complémentaire, mais a jugé insuffisamment clarifiés les contours, modalités opérationnelles et nombre de personnes concernées. Il a annoncé vouloir poursuivre la réflexion dans le cadre de la mission d'évaluation de la loi narcotrafic.