Municipales 2026 à Lodève : la gauche divisée par un communiqué incendiaire
Le résultat du second tour des élections municipales de 2026 à Lodève a laissé un goût amer au sein de la gauche locale. Dix colistiers non encartés de la liste Lodève, notre ville, notre avenir, menée par Fadelha Benammar-Koly, ont publié un communiqué virulent dans lequel ils fustigent l'attitude du candidat La France Insoumise Sébastien Rome pendant l'entre-deux tours.
Des accusations graves portées contre le candidat LFI
Les signataires – Julie Décot, Stephan Pahl, Lisa Navarro, Anneuh Goepfert, Jean-Michel Vial, Nathalie Rocoplan, Geneviève Pierron, Frédéric Serrano, Carole Combalbert et Anh Lyloo – affirment que Sébastien Rome n'a respecté personne durant cette période cruciale. « Il ne nous a pas été respecté. Ni nous, colistiers engagés, ni ses propres colistiers, ni surtout les Lodévoises et les Lodévois », écrivent-ils avec amertume.
Ils accusent le candidat de la liste S'unir pour changer Lodève, arrivée troisième au premier tour, d'avoir construit un discours égocentré sur l'union de la gauche tout en faisant échouer un accord pourtant trouvé le 17 mars après plus de dix heures de discussions. « Il a échoué non pas sur des idées, comme il l'a laissé entendre sur les réseaux sociaux et dans la presse, mais sur des exigences personnelles et des blocages assumés », dénoncent-ils.
Un retrait jugé hypocrite et contre-productif
Le communiqué pointe du doigt le retrait « responsable » de Sébastien Rome, censé faire barrage à la droite, mais qui s'est accompagné d'une absence totale de campagne entre les deux tours, tant sur le terrain physique que sur les réseaux sociaux. Pire encore, les colistiers révèlent que des messages privés diffusés massivement par des membres de son équipe appelaient explicitement à voter pour Claude Laateb, le candidat de droite finalement élu.
Le vendredi 20 mars, dernier jour de campagne, Sébastien Rome a préféré se rendre à Sète plutôt que de soutenir la liste de gauche à Lodève. « Pas pour soutenir la seule liste en capacité de battre la droite dans sa propre ville, mais pour s'afficher dans une opération politique extérieure », soulignent les signataires avec indignation.
Une réécriture de l'histoire qui passe mal
La conséquence de cette attitude, selon les dix colistiers, est que près d'un tiers des électeurs du premier tour ne se sont pas reportés sur la liste Benammar-Koly, contribuant directement à la défaite de la gauche. Le soir même de cette défaite, Sébastien Rome a quitté Lodève pour un plateau télévisé à Montpellier où il a choisi de réécrire l'histoire en attribuant l'échec au Parti socialiste.
« Toujours la même méthode, se défausser, accuser, reconstruire une version qui sert ses intérêts. Parce que, dès le départ, son véritable enjeu dépassait Lodève », analysent les signataires. Ils ajoutent avec amertume : « Affaiblir ses partenaires pour mieux préparer les échéances à venir. Dans cette logique, la victoire de la gauche à Lodève n'était pas sa priorité. C'est un choix politique, son choix, mais ce n'est pas le nôtre ».
Un engagement maintenu malgré les déceptions
Malgré ces vives critiques et les « dérives et jeux d'appareils » auxquels ils disent avoir assisté, les dix colistiers non encartés – soutenus par neuf autres candidats de la liste – affirment respecter profondément le choix démocratique des électeurs qui ont confié la gestion de Lodève à Claude Laateb.
Dans un esprit de responsabilité, ils annoncent cependant rester engagés pour Lodève, pour ses habitants et pour son avenir, montrant ainsi que leur colère ne remet pas en cause leur attachement à la ville et à ses enjeux locaux. Cette prise de position publique révèle les profondes fractures au sein de la gauche lodévoise après une défaite électorale douloureuse.



