Loïc Prud’homme quitte LFI, dénonçant la stratégie de Mélenchon et les défaites électorales
Loïc Prud’homme quitte LFI, critique Mélenchon et les défaites

Un départ retentissant au sein de La France insoumise

Loïc Prud’homme en a assez. Le député de Gironde a officiellement quitté La France insoumise, marquant une rupture significative au sein du mouvement. « Effectivement, j’ai rendu ma carte à LFI pour désaccord stratégique », a-t-il déclaré ce mercredi à Libération, soulignant la perte de nombreux électeurs de gauche. « Aujourd’hui, je quitte le mouvement, non sans amertume, mais sans regret », a annoncé l’élu dans un message posté sur la boucle des députés, comme l’a révélé un journaliste de l’Opinion sur X.

Des critiques acerbes envers Jean-Luc Mélenchon

Loïc Prud’homme, mélenchoniste de la première heure, n’a pas mâché ses mots en s’attaquant au leader du mouvement. « Je n’ai jamais fait mystère de mes divergences d’appréciation de la stratégie déployée depuis 2022 ni de mon avis sur les saillies répétées de Jean-Luc Mélenchon », a-t-il expliqué, faisant référence aux controverses récentes, notamment les blagues du tribun sur les patronymes juifs, dont celui d’Epstein. Il ajoute : « Hormis le fait qu’il me semble que c’est préjudiciable pour porter nos idées au niveau où elles devraient être aujourd’hui, je constate que cela sape le travail militant de terrain ».

La défaite électorale de Bègles comme point de rupture

Réputé proche de l’ex-insoumis François Ruffin, Loïc Prud’homme a indiqué avoir « essayé de porter cette alerte en interne, évidemment sans succès ». Cependant, il précise ne pas être « dupe des attaques violentes et répétées contre LFI de tous les chiens de garde de l’ultra-libéralisme en vogue ». L’élu, récemment candidat aux municipales à Bègles en Gironde, est arrivé en troisième position, une défaite qui a accentué ses frustrations.

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Pour l’ex-députée insoumise Raquel Garrido, cette élection illustre les problèmes stratégiques du parti. Elle rappelle que Loïc Prud’homme avait travaillé à un programme commun avec le maire sortant écologiste, mais que « les consignes sont arrivées : la division était la ligne stratégique de la direction nationale LFI ainsi que de la fédération girondine du PS ». Résultat, « la fusion de dernière minute entre les listes Union de la gauche (38 %) et LFI (17 %) n’a pas pu compenser les mois d’hostilité et d’égarement. La droite a pris Bègles », a-t-elle souligné sur X.

Un symbole d’affaiblissement pour LFI

Raquel Garrido voit dans ce départ un signe inquiétant pour La France insoumise. « Il ne reste plus, à l’Assemblée nationale, que 6 des fameux 17 premiers députés LFI de 2017 », a-t-elle noté, ajoutant : « Défaites électorales, purges, départs plus ou moins discrets, plus ou moins volontaires. Ce n’est pas un signe de bonne santé ». Malgré son départ du mouvement, Loïc Prud’homme a précisé qu’il continuerait de siéger au sein du groupe insoumis en tant que député « apparenté », préservant ainsi son rôle parlementaire tout en marquant sa distance idéologique.

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