Élections métropolitaines à Bordeaux : la droite et le centre en progression, la gauche résiste
Élections à Bordeaux Métropole : droite en hausse, gauche résiste

Élections métropolitaines à Bordeaux : la droite et le centre en progression, la gauche résiste

Dans la métropole bordelaise, le scrutin municipal révèle des fortunes diverses pour les maires de gauche, certains étant élus dès le premier tour tandis que d'autres échouent de justesse. Une tendance nette se dessine cependant en faveur de la droite et du centre, confirmant le suspense politique qui caractérise la région bordelaise. Le Rassemblement national, bien qu'il n'ait pas remporté de commune, parvient à placer un conseiller métropolitain, marquant une percée symbolique.

Les maires de gauche déjà élus au premier tour

Plusieurs maires de gauche ont obtenu une réélection confortable dès le premier tour. À Bassens, ville industrielle traditionnellement ancrée à gauche, Alexandre Rubio (PS) réalise un score impressionnant de 79,3 % des voix, face à une liste du Rassemblement national, une nouveauté en 2026. Christine Bost, maire sortante d'Eysines et présidente de Bordeaux Métropole, est réélue avec 60,6 % des suffrages, un résultat légèrement inférieur à celui de 2020 (65,9 %).

À Mérignac, Thierry Trijoulet, qui avait succédé à Alain Anziani décédé en 2025, est élu avec 51,8 % des voix. D'autres victoires notables incluent Jean-François Egron à Cenon (53,2 %), Jean-Jacques Puyobrau à Floirac (54,1 %) et Gilbert Dodogaray à Ambès (51,7 %), ce dernier ayant été élu en cours de mandat lors d'une élection partielle.

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Les succès de la droite et du centre

La droite et le centre enregistrent des performances remarquables, souvent portées par des listes sans étiquette mais affiliées au groupe Métropole commune(s). À Talence, Emmanuel Sallaberry améliore son score de 2020 en obtenant 66 % des voix contre 53 % précédemment, devançant l'écologiste Isabelle Rami. Michel Poignonec, à Villenave-d'Ornon, succède à Patrick Pujol et est auréolé de 64,3 % des suffrages, face à la socialiste Stéphanie Anfray (22,5 %) et au candidat LFI Guillaume Latrille (13,2 %).

À Gradignan, Michel Labardin est réélu confortablement avec 66,5 % des voix. Christophe Duprat (LR) conserve sans surprise la mairie de Saint-Aubin-de-Médoc, sa liste étant la seule en présence. À Bouliac, Jérôme Lambert succède à Dominique Alcala avec 63,4 % des voix. Au Bouscat, Gwenaël Lamarque, adjoint de Patrick Bobet, est élu avec 55 % des suffrages. Enfin, à Pessac, Franck Raynal réalise un score de 41,2 %, devançant largement le socialiste Saint-Pasteur (29,81 %) et l'ancienne députée Bérangère Couillard (11,47 %).

Les élections manquées de justesse

Certains maires de la majorité métropolitaine échouent à quelques voix près de l'élection au premier tour. À Blanquefort, Véronique Ferreira (PS), vice-présidente de la métropole en charge des finances, obtient 49,44 % des voix, manquant de seulement 40 suffrages pour être élue. Le projet d'implantation d'une raffinerie pour voitures électriques a probablement influencé ce résultat serré.

À Artigues-près-Bordeaux, l'écologiste Alain Garnier échoue à 49,58 % des voix, à seulement 15 bulletins près. De même, à Saint-Médard, Stéphane Delpeyrat obtient 48,5 % des suffrages, devançant nettement l'ancien maire Jacques Mangon (25 %), mais manquant de 225 voix pour être élu au premier tour.

Les déconvenues de la gauche

La gauche subit également des revers significatifs. À Carbon-Blanc, Patrick Labesse, apparenté écologiste, est battu par Yohann Giacometti (LR), qui remporte la mairie avec 57 % des voix contre 43 %. Au Haillan, la maire PS Andréa Kiss (34,6 %) est devancée par l'ancien député macroniste Éric Poulliat (39,4 %), qui effectue un retour surprise après sa défaite aux législatives de 2024. Xavier Camps, candidat soutenu par la droite et le centre, se place en embuscade avec 26 % des voix.

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L'incertitude à Bègles et Ambarès

À Bègles, bastion écologiste depuis 1989, le sortant Clément Rossignol Puech arrive en tête du premier tour avec 37,87 % des voix, devant Christian Bagate (sans étiquette) qui réalise une poussée spectaculaire de 21,9 % en 2020 à 33,6 %. Le député LFI Loïc Prud'homme obtient 17,1 % des suffrages, tandis que le RN cale à 9,77 %. À Ambarès, le maire sortant Nordine Guendez arrive en tête avec 36,2 % des voix, devant David Poulain (32,17 %) et Olivier Martinez (22,6 %).

Le Rassemblement national obtient un élu métropolitain

Le Rassemblement national présente des listes dans 55 communes girondines, dont 15 dans la métropole. Si à Bordeaux, Julie Rechagneux obtient 7,02 % des voix sans possibilité de se maintenir au second tour, d'autres candidats réalisent de meilleurs scores. Pierre-Henri Nivet, candidat de dernière minute à Eysines, obtient 16,2 % des voix, se rapprochant du candidat de droite Arnaud Derumaux.

C'est à Mérignac que le RN place son premier élu au conseil métropolitain, en la personne de Jimmy Bourlieux (17,5 %), délégué départemental du parti d'extrême droite. Cette percée, bien que modeste, marque une présence accrue du RN dans le paysage politique local.