Un renversement politique à Jasmin : la gauche l'emporte face au maire sortant MoDem
Ce fut une soirée historique pour la ville de Jasmin. À peine 20 heures, et déjà le sort était scellé : Jean Dionis, élu MoDem qui briguait un quatrième mandat, a été déboulonné par l'avocat Laurent Bruneau. La poignée de main entre les deux hommes, furtive et empreinte d'amertume pour le sortant, a symbolisé ce basculement politique inattendu.
La victoire collective d'une union de la gauche
Laurent Bruneau, avocat de 48 ans non encarté, tête de liste d'une large union rassemblant socialistes, écologistes, communistes et La France Insoumise, a remporté la ville au terme d'une triangulaire serrée. Avec 39,05 % des suffrages exprimés, il devance nettement le maire sortant Jean Dionis (34,33 %). Sébastien Delbosq, conseiller régional RN et tête de liste d'une union des droites (RN/UDR/RPR), ferme la marche avec 26,62 %.
Ému par ce résultat, Laurent Bruneau a salué « une victoire collective » et a rendu hommage à « une campagne menée par des hommes et femmes extraordinaires qui ont permis à nos valeurs de l'emporter ». Le deuxième tour a confirmé et même amplifié la dynamique du premier tour, où la liste de gauche avait déjà pris une avance d'un peu plus de 200 voix sur le maire sortant.
La stratégie ratée de Jean Dionis et le « dégagisme »
Jean Dionis, qui avait misé sur une stratégie de front anti-LFI et comptait sur un report massif des voix des électeurs RN vers sa candidature, a vu son pari échouer. Cette mécanique n'a pas fonctionné. Bien au contraire. Sébastien Delbosq du RN a certes perdu des voix (168 au total), mais le transfert espéré vers le camp du maire sortant ne s'est pas produit.
Le macronisme assumé de Jean Dionis, visant un quatrième mandat, n'y a sans doute pas aidé. Un souffle de « dégagisme » a également joué contre lui, lui faisant perdre un contingent d'électeurs si conséquent qu'il n'a même pas réussi à rassembler autant de voix qu'en 2020, malgré une participation alors très faible en raison de la pandémie de Covid-19.
Un maire bâtisseur qui paie son éloignement du quotidien
Jean Dionis, maire bâtisseur qui pendant dix-huit ans a travaillé à transformer la ville et l'agglomération d'Agen, aura probablement payé le sentiment tenace chez les Agenais d'un élu plus impliqué dans les grands projets que dans les soucis du quotidien. Suite à cette défaite cuisante, il a annoncé son retrait définitif de la vie politique.
« C'était le mandat de trop », a asséné Sébastien Delbosq du RN, convaincu qu'une large union à droite aurait pu inverser le résultat. Cette élection municipale à Jasmin pose ainsi la question du modèle politique de demain, où les alliances larges et les dynamiques locales semblent primer sur les logiques partisanes traditionnelles.



