Augmentation des indemnités des maires : pourquoi Bordeaux et Nîmes sont dans la ligne de mire
Indemnités des maires : pourquoi Bordeaux et Nîmes augmentent

L'argent d'abord : les indemnités des maires augmentent dès le premier conseil municipal

Plusieurs villes françaises ont assisté à une hausse de l'indemnité de leur maire, nouvellement élu ou réélu, dès la première séance du conseil municipal. Cette situation a provoqué des réactions vives, notamment à Bordeaux et Nîmes, où les décisions ont été vivement critiquées par l'opposition et les internautes.

Des augmentations qui font polémique

À Bordeaux, le nouveau maire, Thomas Cazenave (Renaissance), percevra une indemnité mensuelle brute de 4.081,75 euros, soit une augmentation de 14 % par rapport à son prédécesseur, Pierre Hurmic. Cette décision a rapidement suscité des commentaires acerbes sur les réseaux sociaux. Un membre de l'opposition bordelaise a notamment déclaré sur X : « Premier conseil municipal sous l'ère macroniste à Bordeaux. Thomas Cazenave augmente son indemnité et baisse les moyens alloués à l'opposition ».

De même, à Nîmes, le maire Vincent Bouget (PCF) n'a pas échappé aux critiques. Sur Facebook, une publication ironique souligne : « Première décision des Cocos ! Augmentation des indemnités de fonction des élus ! ». Mais pourquoi ces augmentations surviennent-elles si rapidement après l'élection ?

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Fake off : les règles légales expliquent ces hausses

Avant de s'indigner, il est essentiel de comprendre le cadre juridique. La fixation de l'indemnité des membres du conseil municipal est une des premières décisions à prendre lors d'un nouveau mandat. Le Code général des collectivités territoriales (CGCT) stipule que les indemnités doivent être fixées par délibération dans les trois mois suivant l'installation du conseil municipal.

Le montant de l'indemnité d'un élu est plafonné en fonction de la population de la commune. Plus la commune est peuplée, plus le plafond est élevé, avec huit strates de population définies. Notons que le montant maximal pour les maires des communes de moins de 20.000 habitants a été revalorisé en décembre dernier.

Par défaut, le maire perçoit le montant du plafond, mais des majorations sont possibles dans certains cas :

  • 25 % pour les communes chef-lieu de département.
  • 20 % pour les communes chef-lieu d'arrondissement.
  • 15 % pour les anciens chefs-lieux de canton.
  • Jusqu'à 50 % pour les stations de tourisme de moins de 5.000 habitants, ou 25 % au-delà.

Un indice revalorisé à plusieurs reprises

L'indemnité du maire est calculée en pourcentage de l'indice brut de la fonction publique (indice 1027). Dès que cet indice augmente, l'indemnité suit. Depuis 2020, date des dernières municipales, cet indice a été revalorisé à plusieurs reprises, notamment le 1er juillet 2022 et le 1er janvier 2024. Actuellement, il s'élève à 4.110 euros bruts, contre 3.889,40 euros bruts en 2020.

Cette revalorisation explique en partie pourquoi l'indemnité de Thomas Cazenave a augmenté. Toutefois, le CGCT permet au maire de proposer de toucher moins que le plafond autorisé, une option rarement utilisée.

Le cas des majorations : Bordeaux et Nîmes sous les projecteurs

Pour Thomas Cazenave et Pierre Hurmic à Bordeaux, les majorations appliquées sont identiques : 25 % pour chef-lieu de département et 25 % pour station touristique. À Nîmes, le nouveau maire Vincent Bouget percevra 5.958,20 euros bruts par mois, soit plus que son prédécesseur. La mairie nîmoise justifie cette hausse en expliquant que les indemnités votées sont « exactement les mêmes qu'en 2020, à la seule exception qu'elles s'appuient sur l'évolution du point d'indice de la fonction publique ».

Concernant la majoration de 25 % pour chef-lieu de département, Vincent Bouget s'est défendu en conseil municipal, affirmant que « c'est une délibération qui a été préparée avant notre élection ». Ces éléments montrent que les augmentations, bien que controversées, s'inscrivent dans un cadre légal strict et sont souvent liées à des revalorisations automatiques.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale