Le Sénat se prononce ce mardi 16 juin sur la proposition transpartisane d'indemnisation des ex-mineurs « transplantés » de force de la Réunion vers l'Hexagone entre 1962 et 1984. La députée réunionnaise Karine Lebon (Gauche démocrate et républicaine), porteuse du texte, explique au Nouvel Obs la nécessité de reconnaître la responsabilité de l'État et de proposer une allocation forfaitaire.
Pourquoi avoir porté cette proposition de loi ?
Karine Lebon confie avoir découvert que les victimes n'avaient jamais été indemnisées, malgré une résolution de 2014 reconnaissant la « responsabilité morale » de l'État. « Une victime m'a expliqué que son quotidien était toujours le même, que l'État n'avait pas reconnu sa responsabilité réelle », raconte-t-elle. Après un premier échec à l'Assemblée nationale, le texte a finalement été adopté à l'unanimité en janvier 2026.
Un accompagnement psychologique insuffisant
Beaucoup d'enfants ignorent encore qu'ils sont victimes de ce scandale d'État. Sur les 2 015 ex-mineurs concernés, seuls 200 à 250 se sont fait connaître. « Aller vers ces victimes qui s'ignorent est délicat, car on peut détruire une vie en révélant un mensonge », précise la députée. L'accompagnement psychologique prévu est jugé insuffisant, tout comme la prise en charge funéraire limitée à 1 000 euros pour un rapatriement à la Réunion.
La proposition de loi crée une commission de reconnaissance chargée d'améliorer la prise en charge et de fixer le montant de l'allocation. Karine Lebon espère que ce texte permettra de tourner la page d'un tabou historique et d'éviter que de telles erreurs ne se reproduisent.



