Premier conseil municipal houleux à Hyères autour des indemnités des élus
Le premier conseil municipal de la nouvelle mandature à Hyères, qui devait initialement être une simple formalité, s'est transformé en une séance animée ce vendredi. La fixation des indemnités des élus, seule délibération susceptible de provoquer des discussions, a effectivement suscité des débats nourris, notamment de la part de l'opposition qui a saisi cette occasion pour exprimer ses positions.
Une répartition modifiée des indemnités
La maire Véronique Bernardini a expliqué sa démarche : « J'ai personnellement souhaité que mon indemnité soit minorée et que la somme correspondante soit réaffectée aux indemnités des adjoints, ayant été moi-même adjointe. Je mesure réellement l'ampleur de la tâche incombant aux adjoints, le temps et l'énergie qu'il faut consacrer à ces missions. Il est donc pour moi primordial qu'ils bénéficient d'une juste indemnisation dans la limite des plafonds légaux et à enveloppe constante. »
Concrètement, les chiffres révèlent une redistribution significative :
- L'indemnité du maire passe de 6.330,20 euros en 2020 à 4.358,06 euros en 2026, soit une baisse de 30%
- Les indemnités des adjoints augmentent de 1.579,67 euros à 1.895,61 euros
- Les indemnités des conseillers délégués diminuent légèrement de 565,11 euros à 506,42 euros
- Les indemnités des conseillers municipaux restent stables à 97,83 euros
L'enveloppe globale, qualifiée de « constante », évolue très légèrement de 38.777,10 euros à 38.816,33 euros.
Des réactions contrastées selon les groupes politiques
Sophie Mana, au nom du groupe Giran, a salué cette réaffectation : « Elle témoigne d'une volonté de mieux reconnaître l'engagement public et la quantité de travail que cela représente et acte la reconnaissance du travail des adjoints. »
En revanche, du côté du Rassemblement National, Philippe Ferré a adopté une position critique : « C'est aux élus de montrer le bon exemple. Nous préconisons de rendre le pouvoir d'achat aux concitoyens dès que cela est possible. » Il a également pointé le fait que les élus d'opposition ne bénéficient pas des majorations prévues pour les communes chef-lieu de canton et stations de tourisme.
Des accusations précises de l'opposition
Widad Ferjani, du groupe Hyères Avenir, s'est montrée particulièrement offensive : « Une réalité très différente du message affiché. » Elle a listé les différentes indemnités perçues par la maire dans ses mandats (Ville, Département, Métropole) et déclaré : « Vous deviendrez très prochainement vice-présidente de la Métropole, votre cumul atteindra près de 9.950 euros par mois, soit plus de 1.000 euros au-dessus du plafond autorisé. La baisse de votre indemnité sert surtout à anticiper votre future indemnité métropolitaine. Ce n'est pas une baisse volontaire, c'est un réglage technique, une opération comptable habillée en vertu. Cette délibération conduit à une hausse globale des indemnités des élus que nous ne pouvons approuver. Il n'y a ni rupture ni renouveau. »
François Cornileau a partagé ce constat, regrettant « que le premier message fort des élus de la nouvelle majorité soit celui d'augmenter leurs indemnités. »
La réponse ferme de la maire
Face à ces accusations, Véronique Bernardini a répondu avec assurance : « La baisse de mon indemnité est réelle, de 30%. L'enveloppe globale n'a pas été touchée. Les adjoints sont augmentés parce qu'on a fait le choix d'en avoir 12 et pas 13 et le deuxième choix s'est porté sur la baisse de mes indemnités. On a choisi d'avoir une équipe renouvelée, de gens qui travaillent et qui sont obligés de poser des jours et donc d'avoir des déductions de salaire. »
En réponse à Philippe Ferré, elle a rappelé que « les élus ne disposant pas de délégation (donc d'opposition) ne peuvent prétendre à la majoration, c'est la loi. »
Ce premier conseil municipal de la mandature à Hyères a ainsi établi le ton des débats à venir, avec des positions clairement affirmées de part et d'autre sur la question sensible des indemnités des élus et de leur symbolique dans la relation entre représentants et citoyens.



