Hérault Méditerranée : Gwendoline Chaudoir candidate à la présidence de l'agglo
Hérault Méditerranée : Gwendoline Chaudoir candidate à la présidence

Une élection historique pour l'agglomération Hérault Méditerranée

Les maires de l'agglomération Hérault Méditerranée semblent se préparer à soutenir massivement la candidature de Gwendoline Chaudoir, maire de Portiragnes, pour la présidence de cette collectivité territoriale. L'élection, prévue le 7 avril prochain, marque un tournant significatif dans la vie politique locale, rompant avec plus de deux décennies de stabilité sous la direction de Gilles d'Ettore.

Un contexte politique bouleversé par les démissions

Les répercussions de la démission de Gilles d'Ettore de l'ensemble de ses mandats électifs en juin 2024 continuent de se faire sentir avec intensité. Cette onde de choc a d'abord touché la ville d'Agde lors des élections municipales, où l'affaire dite "de la voyante" a provoqué un véritable rejet des électeurs, entraînant la défaite de Sébastien Frey. Aujourd'hui, c'est au niveau de la communauté d'agglomération Hérault Méditerranée, qui chapeaute vingt communes du territoire, que les conséquences se manifestent avec le plus d'acuité.

Depuis la création de cet établissement public en 2003, jamais la question de voter pour un président ne s'était posée : c'était Gilles d'Ettore et puis c'était tout ! Même lorsque Sébastien Frey avait pris la mairie d'Agde à l'été 2024, l'intérim assuré par le maire de Pézenas, Armand Rivière, n'avait été que temporaire. La situation actuelle présente donc un caractère véritablement inédit.

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Deux visions s'affrontent pour l'avenir du territoire

Vendredi dernier, lors de son conseil municipal d'investiture à Agde, le nouveau maire Aurélien Lopez-Liguori a clairement rappelé sa position : "Agde doit garder la présidence de l'agglo", a-t-il déclaré dans son allocution. "Sans cela, améliorer le quotidien des Agathois sera extrêmement difficile." Cette déclaration ressemble à une incantation pour l'ancien député de la 7e circonscription, qui connaît parfaitement les manœuvres en cours sur le territoire.

Face à cette affirmation de la ville centre, les autres communes semblent avoir trouvé une candidate de consensus. Alors que les noms d'Armand Rivière (maire de Pézenas) et de Stéphane Pépin-Bonet (maire de Bessan) avaient été avancés, c'est finalement Gwendoline Chaudoir, maire de Portiragnes réélue confortablement il y a une dizaine de jours, qui émerge comme la candidate principale.

Une dynamique de rassemblement derrière Gwendoline Chaudoir

Lundi 30 mars, une réunion cruciale s'est tenue à Bessan, rassemblant dix-neuf des vingt maires de l'agglomération (tous sauf Aurélien Lopez-Liguori). "Il a été convenu que tout le monde se range derrière Gwendoline (Chaudoir)", nous indique l'un d'entre eux, préférant garder l'anonymat. Stéphane Pépin-Bonet, quant à lui, affirmait mardi 31 mars que "les échanges entre les maires se poursuivent sereinement", dans un langage diplomatique caractéristique.

Les négociations se poursuivent activement, avec une nouvelle réunion prévue jeudi 2 avril à Tourbes. Signe d'une volonté de dialogue, Gwendoline Chaudoir a rencontré Aurélien Lopez-Liguori mardi matin, dans un geste visant à tendre la main à Agde et à éviter l'isolement de la ville centre, ce qui ne serait bénéfique pour personne selon les observateurs.

Vers un compromis à l'image de Sète Agglopôle ?

Les discussions portent également sur la répartition des vice-présidences. Aurélien Lopez-Liguori souhaiterait obtenir quatre vice-présidences pour sa ville, mais seulement deux pourraient lui être proposées, dont potentiellement celle dédiée au tourisme. Cette configuration suggère qu'un accord pourrait être trouvé, à l'image de ce qui vient de se produire sur le territoire voisin de Sète Agglopôle.

Un tel compromis permettrait d'éviter de sombrer dans une bataille politique qui n'a jamais eu cours à l'agglomération Hérault Méditerranée depuis sa création. L'enjeu dépasse les simples rivalités personnelles : il s'agit de préserver la cohésion territoriale et la capacité d'action de cette collectivité essentielle pour le développement économique et social des vingt communes concernées.

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L'élection du 7 avril s'annonce donc comme un moment décisif, non seulement pour désigner un nouveau président, mais aussi pour définir les nouvelles règles du jeu politique au sein de cette agglomération héraultaise. Tous les regards sont désormais tournés vers les dernières négociations et le vote qui scellera l'avenir institutionnel de ce territoire en pleine mutation.