Guérilla Vallaud-Faure : les origines de la crise qui mine le PS
Guérilla Vallaud-Faure : origines de la crise au PS

C'était en novembre, en plein débat budgétaire, une éternité. Fait rare : Boris Vallaud et Olivier Faure partagent la même table de restaurant. Le ton est à la blague, l'entente un brin surjouée. « La période est dure mais entre socialistes, l'ambiance est excellente », assure le premier, chef des députés PS. « Chez nous, on se tape parfois dessus mais dans les moments déterminants, personne ne met le feu pour le plaisir », rebondit le patron des socialistes. Six mois plus tard, c'est pourtant l'incendie au PS et le binôme dirigeant, en pleine guérilla autour de la stratégie pour 2027, ne rit plus du tout.

Une démission fracassante

Le soir du 8 mai, à peine l'Armistice commémoré, Vallaud démissionne de la direction du PS, avec les 24 membres de son courant Unir. Même si selon nos informations, la direction du PS n'a pas encore reçu formellement des lettres de démission. Dans un courrier salé, le mandataire de son courant, le sénateur Alexandre Ouizille, torpille Faure : « collégialité bâclée », « brutalisation du fonctionnement », « stratégie d'isolement et d'enlisement »… « Un jour férié, par la voix d'un autre : ce n'est pas d'un courage extrême », griffe un proche du Premier secrétaire. « On n'a plus rien à faire avec une direction qui refuse le vote des militants, tacle un lieutenant de Vallaud. Le parti fait du surplace alors que Mélenchon et le RN déroulent. »

Une inimitié ancienne

Si Boris Vallaud et Olivier Faure ont tous les deux grandi dans l'ombre de François Hollande, ils n'ont jamais sympathisé. Leurs relations se sont dégradées au fil des années, marquées par des divergences stratégiques et personnelles. Cette animosité latente a explosé au grand jour avec la question de la candidature à la présidentielle de 2027. Vallaud, partisan d'une ligne plus autonome, s'oppose à Faure, qui privilégie une alliance avec les écologistes et les insoumis. Le clash était inévitable.

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Les conséquences pour le parti

Cette guerre des chefs plonge le Parti socialiste dans une crise profonde, alors que les échéances électorales approchent. Les militants, désorientés, réclament une clarification. Certains appellent à un congrès extraordinaire pour trancher le différend. Mais les deux camps semblent campés sur leurs positions, rendant une réconciliation difficile. Le PS, déjà affaibli par les scores électoraux récents, risque de payer cher ces querelles intestines.

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