Victoire d'Emmanuel Grégoire à Paris : un soulagement pour la gauche face à Rachida Dati
Grégoire élu maire de Paris, la gauche soulagée face à Dati

Un soulagement palpable après la victoire d'Emmanuel Grégoire à Paris

C'est un immense soulagement qui a parcouru les rangs de la gauche parisienne ce dimanche soir. La victoire écrasante d'Emmanuel Grégoire, avec dix points d'avance sur Rachida Dati, a été accueillie avec émotion par les militants, colistiers et sympathisants de l'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo. Bien que les derniers sondages le donnaient favori, les marges parfois étroites avaient entretenu une certaine incertitude jusqu'au dernier moment.

La peur d'un retour en arrière

« J'ai eu tellement peur », confie Annabelle, les larmes aux yeux, au milieu de la foule rassemblée place de la Bataille de Stalingrad. Après avoir repris son souffle, elle précise : « Voir Rachida Dati gagner Paris, c'était faire un bond en arrière de trente ans sur tous les domaines. » Pour elle, la liste des sujets qui auraient été remis en cause par une victoire de la droite est interminable : logement, écologie, lutte contre le réchauffement climatique, place des femmes et des minorités.

À ses côtés, Rami exulte sans retenue. « Ça a été tellement difficile de faire avancer Paris, de créer des espaces pour les vélos, de défendre les droits des personnes homosexuelles et LGBT, et de combattre la crise du logement inaccessible. Elle aurait tout détruit en quelques mois. Ça aurait été un gâchis monumental. Avec Grégoire, on sent qu'il veut poursuivre le travail engagé par Hidalgo. »

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Un « sauvetage » de la capitale

Pour les partisans d'Emmanuel Grégoire, cette victoire est célébrée comme un véritable sauvetage de Paris. Romuald explique avec conviction : « On vit une décennie qui voit les Trump et toute l'extrême droite monter partout. Des négationnistes de tout. Des fascistes qui veulent nous ramener aux années 1930. Si Paris tombait, c'était le pire des signaux pour 2027. Mais Paris a tenu, Paris reste le symbole de la résistance. »

De nombreux participants semblent fêter autant la défaite de l'ancienne ministre de la Culture que la victoire du député de Paris. Dans son discours de victoire, Emmanuel Grégoire a immédiatement souligné que « Paris n'est pas, et ne sera jamais une ville d'extrême droite », une formule reprise en chœur par ses colistiers après son allocution.

Le rejet d'un projet politique

Audrey Pulvar met en lumière un aspect crucial de cette élection : « Beaucoup de Parisiens de sensibilité centre-droit et de droite n'ont pas voulu de cette candidate soutenue par l'extrême droite. » Elle insiste sur le fait que Paris est et restera une ville dont la vitalité provient de la « diversité des profils, des origines et des parcours », soulignant que cela représentait « l'exact contraire de ce que voulait faire Madame Dati ».

Sur le parvis de l'Hôtel de Ville, Ian Brossat, sénateur communiste, remercie ironiquement « Rachida Dati de ne pas avoir suscité l'adhésion chez les Parisiens ». À quelques mètres, David Belliard, numéro trois sur la liste et nouveau maire du 11ᵉ arrondissement, ajoute : « Les Parisiens ont montré qu'ils défendaient cette ville contre les compromissions de la droite et de l'extrême droite et qu'à Paris, il n'y a pas de place pour le fascisme. »

Une victoire aux multiples significations

Même Anne Hidalgo, maire sortante qui a symboliquement passé le relais à son successeur devant l'Hôtel de Ville, a tenu à commenter cette victoire. Pour elle, ce résultat net qui a défié les pronostics démontre que « les Parisiens ont clairement dit non aux affaires, à l'invective, à la brutalité, aux mensonges et aux menaces qui n'ont pour seul but que de dégrader le débat démocratique. Ils ont dit oui au climat, oui à la solidarité, oui à la démocratie. »

Cette élection municipale parisienne dépasse ainsi le simple cadre local pour prendre une dimension symbolique nationale, cristallisant les craintes et les espoirs d'une gauche déterminée à résister à la montée des extrêmes.

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