Grenay retire la plaque en hommage à Georges Ibrahim Abdallah sur décision de sa nouvelle maire RN
Grenay retire la plaque en hommage à Georges Ibrahim Abdallah

La nouvelle maire RN de Grenay fait retirer une plaque controversée

Dans la commune de Grenay, située dans le département du Pas-de-Calais, la nouvelle maire issue du Rassemblement national, Daisy Duveau, a pris une décision symbolique forte. Elle a ordonné le retrait de la plaque rendant hommage à Georges Ibrahim Abdallah, comme le rapporte BFMTV. Cette action intervient après des années de débats locaux et nationaux autour de cette figure polémique.

Une figure condamnée pour complicité d'assassinats

Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste libanais connu pour ses positions pro-palestiniennes. Il a été libéré en juillet dernier après avoir passé près de quarante années derrière les barreaux. Sa condamnation remonte à 1987, où la justice française l'a reconnu coupable de complicité dans les assassinats d'un diplomate américain et d'un diplomate israélien, ce qui lui a valu une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

La plaque en question avait été installée sous le mandat de l'ancienne maire communiste de Grenay, Christelle Lelieux-Buissette, qui avait décerné à Georges Ibrahim Abdallah le titre de citoyen d'honneur de la ville. Cette distinction avait suscité de vives critiques, notamment de la part des élus du Rassemblement national.

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Une décision justifiée par la "dignité française"

Lors de l'opération de retrait, Daisy Duveau a expliqué sa démarche en des termes sans équivoque. Elle a déclaré que, "en retirant cette plaque aujourd'hui", la commune de Grenay retrouvait "sa dignité, son honneur et sa fierté française". Pour la première édile de cette petite ville proche de Lens, honorer un individu condamné pour des actes terroristes était incompatible avec les valeurs républicaines.

Cette action n'est pas isolée. Elle fait suite à une campagne menée depuis près de deux ans par le député RN Bruno Bilde, qui avait officiellement saisi le ministre de l'Intérieur et le préfet du Pas-de-Calais en mars 2024 pour demander le retrait de cette plaque. Présent lors de l'événement, l'élu s'est félicité sur les réseaux sociaux, qualifiant cette initiative de nécessaire réparation morale.

Des réactions politiques contrastées

Le retrait de cette plaque relance le débat sur la figure controversée de Georges Ibrahim Abdallah en France. D'un côté, le Rassemblement national se montre fermement opposé à toute forme de célébration de cet individu. Jordan Bardella, le chef de file du parti, avait exprimé son indignation lors de l'annonce de la libération du militant, estimant que celle-ci représentait une "nausée" compte tenu de l'absence de regrets exprimés par l'intéressé.

De l'autre côté, certains élus de gauche, comme la députée de La France Insoumise Mathilde Panot, avaient au contraire salué la libération de Georges Ibrahim Abdallah, y voyant un "immense soulagement". Cette divergence d'opinions illustre les clivages profonds qui persistent autour de cette affaire, mêlant enjeux mémoriels, politiques et judiciaires.

Au-delà de l'aspect symbolique, cette décision de la maire de Grenay pose la question plus large de la manière dont les communes gèrent l'héritage des figures controversées. Elle intervient dans un contexte où les débats sur la mémoire collective et la lutte contre le terrorisme restent particulièrement sensibles dans l'espace public français.

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