Gers : après 50 ans de mairie, Aymeri de Montesquiou, descendant de d'Artagnan, ne se représente pas
Gers : maire depuis 50 ans, un descendant de d'Artagnan passe la main

Un demi-siècle de mandat s'achève dans le Gers

Les élections municipales de 2026, prévues les 15 et 22 mars, marqueront un tournant dans le village gascon de Marsan, dans le Gers. Aymeri de Montesquiou, maire depuis cinquante ans, a annoncé qu'il ne se représenterait pas. À 83 ans, cet édile, descendant revendiqué du célèbre mousquetaire d'Artagnan, explique sa décision par une volonté de ne pas 'avoir l'air de s'accrocher'.

Une carrière politique longue et mouvementée

Élu en 1976 à la suite de son père, qui dirigeait la mairie depuis 1953, Aymeri de Montesquiou a cumulé les mandats locaux et nationaux. Il a été conseiller départemental de 1982 à 2015, député européen de 1989 à 2013, député de 1993 à 1997, et sénateur de 1998 à 2015, terminant sa carrière sous l'étiquette de l'UDI. Malgré son retrait, il figure en dernière position sur la seule liste en lice à Marsan, affirmant que la politique 'a toujours été une vocation'.

Des démêlés judiciaires en toile de fond

Ces dernières années, le nom d'Aymeri de Montesquiou a été associé à plusieurs affaires judiciaires. Il est notamment impliqué dans le Kazakhgate, une affaire de corruption présumée liée à des contrats avec le Kazakhstan en 2010, et dans une affaire de recel d'abus de confiance concernant la banque Delubac. Récemment, il a comparu devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour fraude fiscale aggravée et blanchiment de fraude fiscale. Le jugement est attendu en mai 2026.

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Un héritage familial et historique singulier

En 2012, Aymeri de Montesquiou a obtenu le droit d'ajouter 'd'Artagnan' à son patronyme, se revendiquant comme le plus proche descendant connu du mousquetaire des rois Louis XIII et Louis XIV. Son nom complet, Aymeri de Montesquiou de Fezensac, a été modifié pour éviter, selon lui, 'une carte de visite à trois feuillets'. Cette décision symbolise l'attachement de l'ancien sénateur à son lignage historique.

Par ailleurs, en 2024, il a été invité par le Kremlin pour observer le scrutin présidentiel russe, une initiative controversée visant à garantir 'l'authenticité' du vote. Cet épisode ajoute une dimension internationale à son parcours déjà bien rempli.

Le contexte des municipales 2026 en Occitanie

Dans la région Occitanie, les élections municipales de 2026 soulèvent des enjeux spécifiques. Une analyse révèle qu'à peine une liste sur cinq est conduite par une femme, un déséquilibre notable. De plus, des figures politiques comme Carole Delga refusent toute alliance avec La France Insoumise, affirmant ne pas vouloir gagner 'au prix du déshonneur'. Près de neuf communes sur dix devraient connaître leur maire dès le premier tour, reflétant une stabilité relative dans la région.

À Marsan, avec ses 464 habitants, le départ d'Aymeri de Montesquiou marque la fin d'une ère. Son successeur devra naviguer dans un héritage complexe, mêlant longévité politique, notoriété historique et contentieux judiciaires. Les électeurs gascons auront à trancher sur l'avenir de leur village lors de ce scrutin crucial.

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