Ce vendredi 12 juin, la Ville de Fréjus organise une conférence intitulée : « Le débat est-il devenu impossible dans nos démocraties ? ». Une question pertinente, mais posée par une municipalité dont le sens de l'humour semble particulièrement aiguisé. En effet, voilà une collectivité qui invite notre journal à promouvoir ce débat tout en réprimant systématiquement toute expression contradictoire, avec autant d'enthousiasme qu'on accueille un moustique dans sa chambre.
Un passif de répression médiatique
Selon les élus fréjusiens, lorsque notre journal relaie les questions de l'opposition en séance publique, cela relèverait du « militantisme d'extrême gauche ». De même, lorsque des habitants expriment leur lassitude face aux déversements d'eaux usées à La Galiote, nos articles sont qualifiés de « mensonges » et jugés « à charge ». Pourtant, la municipalité se donne rarement la peine de répondre à nos sollicitations.
Une programmation unilatérale
Si l'objectif affiché de ces conférences est de « nourrir la réflexion publique », force est de constater que le pluralisme des idées n'est pas au rendez-vous. Pour animer ce débat, la Ville a choisi Eugénie Bastié, journaliste de droite conservatrice ayant officié sur Cnews. Ce choix, en soi, n'est pas critiquable, mais il s'inscrit dans une série d'invitations quasi exclusivement issues de la même mouvance :
- En 2024 : Christine Kelly, également de Cnews
- En 2025 : le polémiste Michel Onfray, chroniqueur sur Cnews, ainsi qu'Henri Guaino
- Récemment : le magistrat Charles Prats, invité récurrent de Cnews
Seule l'intervention de Cédric Villani en 2025 fait figure d'exception, mais il est intervenu en tant que scientifique, non comme représentant d'une opinion diverse.
Ainsi, ce débat sur l'impossibilité du débat semble se vouloir à sens unique, renforçant l'ironie de la situation. La pluralité d'opinions est absente, et la municipalité semble plus intéressée par la propagation de son idéologie que par un véritable échange démocratique.



