Le fan-club de Gabriel Attal à l'Assemblée nationale fait jaser
Fan-club de Gabriel Attal : les députés qui le soutiennent

Un cercle rapproché qui interroge

En 2007, Nadine Morano ne trouvait qu'un seul défaut à Nicolas Sarkozy : "Il mange trop de chocolat." L'histoire se répète. Dix-neuf ans plus tard, la députée Prisca Thevenot, qui accompagnait Gabriel Attal dans l'Aveyron pour l'annonce de sa candidature à la présidentielle, ne trouve rien à redire sur son champion, à une exception près : "Il ne sait pas dire non à un McDo."

Le patron de Renaissance aime avoir sa garde rapprochée auprès de lui. Cela se voit jusque dans les travées de l'hémicycle. À gauche de son siège numéro 267, on trouve le député Guillaume Kasbarian. Les anciennes ministres Marie Lebec et Anne Genetet siègent aussi à proximité du chef, tout comme Paul Midy. Et derrière l'ancien Premier ministre ? Julie Delpech et Prisca Thévenot.

Des relations d'amitié et de loyauté

Gabriel Attal ne tarit jamais d'éloges à l'endroit de Prisca Thevenot. Elle est devenue l'un de ses principaux porte-flingues, ces députés qui montent systématiquement au créneau pour défendre les intérêts de leur champion. "Il ne se passe pas un jour sans que je ne parle à Franck Riester, et souvent pour évoquer d'autres sujets que la politique, raconte-t-elle. Nous sommes rentrés vendredi soir de l'Aveyron et, si je n'avais pas eu de matinale samedi matin, nous aurions pris un verre. Nous sommes devenus des amis."

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Pieyre-Alexandre Anglade préfère insister sur la proximité générationnelle qui le lie au patron de Renaissance. Sur une histoire commune, aussi, commencée il y a dix ans, lorsque les deux hommes ont découvert en même temps le Palais-Bourbon. Et sur une relation de fond développée pendant les dernières élections européennes, lorsque Pieyre-Alexandre Anglade dirigeait la campagne de Valérie Hayer. Gabriel Attal se trouvait alors à Matignon et suivait l'affaire de très près.

Un "fan-club" qui divise

Reste que la "team" des députés "attalistes" ne fait pas toujours l'unanimité. Trop clanique, disent les uns. "Ce qu'Attal a fait après la dissolution est très fort. Il a repris le parti, il a exterminé tout le monde, il a placé ses hommes et s'est assis sur un tas d'or", relève un président de groupe parlementaire.

Les autres lèvent les yeux au ciel quand ils évoquent certains députés. "C'est un fan-club à plusieurs niveaux, moque une figure du bloc central. Il y a les fans absolus. Eux, c'est Gabriel il est beau, Gabriel il est intelligent, Gabriel il est fort. Avec un truc assez stupéfiant : si tu n'es pas avec Gabriel, ces gens deviennent horribles."

Et le même de poursuivre : "Après, vous avez des gens plus cortiqués, qui voient en Gabriel un intérêt tactique. C'est le cas d'un Pierre Cazeneuve ou d'un Paul Midy." Au sein du groupe, il se dit d'ailleurs que Paul Midy, très en vue durant le budget, et qui remplace désormais Gabriel Attal pour la plupart des réunions du lundi soir à Matignon, pourrait lui prendre, en temps voulu, la présidence du groupe à l'Assemblée.

"Vous avez les groupies, qui ne sont pas les plus malins, et le reste, qui ne remet pas forcément en cause Attal mais est plus dans un réflexe de survie", analyse un député Renaissance, évoquant une forme de désabusement. "Certains sont lucides sur le fait qu'après dix ans de macronisme, les gens ont envie d'autre chose."

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