Olivier Falorni quitte l'Assemblée pour La Rochelle après 14 ans de combat pour la fin de vie
Falorni quitte l'Assemblée pour La Rochelle après 14 ans de combat

Olivier Falorni tourne la page de l'Assemblée nationale pour La Rochelle

Après quatorze années d'engagement intense au Palais Bourbon, principalement consacrées à son combat pour une loi sur l'aide à mourir, Olivier Falorni s'apprête à quitter définitivement l'hémicycle. Le député de la Charente-Maritime, élu maire de La Rochelle dimanche dernier avec 43,7% des suffrages, dispose désormais d'un délai de trente jours pour abandonner son écharpe de parlementaire.

Un départ programmé mais un combat qui perdure

Son élection municipale, prévue samedi prochain au lendemain de son cinquante-quatrième anniversaire, marque un tournant majeur dans sa carrière politique. Même en quittant l'Assemblée nationale, le Rochelais entend continuer à œuvrer en coulisses pour mener à terme sa proposition de loi sur la fin de vie, qui pourrait être votée avant la période estivale.

Ce combat législatif, porté avec persévérance depuis plus d'une décennie, a failli l'empêcher de se lancer dans la bataille municipale. « Si la seconde lecture n'était pas intervenue avant les municipales, je ne me serais probablement pas présenté », confie-t-il. Épuisé mais sans regret, il a lancé sa campagne tardivement, convaincu que sa présence était indispensable pour défendre son texte face à des échanges parlementaires particulièrement difficiles.

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Une histoire d'indépendance et de ruptures

L'histoire entre Falorni et l'Assemblée nationale s'est écrite bien avant son entrée au Palais Bourbon, suite à sa rupture avec le Parti socialiste en 2012. La même mécanique s'est reproduite lors de ces élections municipales, avec une tentative d'imposer un successeur qui n'a pas fonctionné, confirmant selon lui l'esprit d'indépendance caractéristique de La Rochelle.

Historien de formation, l'ancien enseignant croit profondément à la transmission de l'âme d'une ville. « La Rochelle s'est construite en cultivant son indépendance », rappelle-t-il avec conviction. Dans cette cité aux racines insoumises, l'homme de centre gauche, se définissant comme « résolument social-démocrate et radicalement laïc et républicain », revendique farouchement sa liberté politique.

Un parcours singulier sans étiquette partisane

Depuis son divorce d'avec le PS, où il avait méthodiquement gravi les échelons jusqu'à devenir premier secrétaire fédéral en 2004, Olivier Falorni n'a plus jamais adhéré à un parti politique. Il est le seul député à avoir été élu à quatre reprises sans étiquette, un fait que son entourage aime à souligner. S'il siège aujourd'hui aux côtés des élus du MoDem, c'est moins par « Macron-compatibilité » que parce que ce groupe ne lui réclame pas de comptes.

Retour à l'Hôtel de ville avec les leçons du passé

Olivier Falorni retrouve la mairie de La Rochelle douze ans après l'avoir quittée, lui qui y avait siégé de 2001 à 2014 durant les années Bono, occupant même le poste d'adjoint aux finances en 2008. C'est en dissident qu'il avait intégré le Palais Bourbon et en opposant à son ancien allié Jean-François Fountaine qu'il s'était lancé dans la campagne municipale de 2020.

Cette élection lui avait échappé de justesse, avec une défaite de seulement 182 voix au second tour, une expérience qui l'a profondément marqué. « Au deuxième tour, je me suis senti totalement impuissant. Cette défaite m'a fait davantage comprendre qu'on ne pouvait pas tout contrôler », analyse-t-il avec recul.

« La ville de ma vie » : un amour enfin assumé

Avec le temps, il a réalisé que sa candidature de 2020 s'inscrivait trop en réaction. La leçon a été retenue pour cette nouvelle campagne : « Si on veut convaincre, il faut être positif. Je n'avais pas assez mis en avant mon amour de La Rochelle ».

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Désormais, il ne cesse de répéter son attachement viscéral à la cité : « La Rochelle, c'est la ville de ma vie. Chacun de ses quartiers, j'allais dire presque chacune de ses rues, exalte des souvenirs, des moments heureux ou malheureux, des moments d'existence ». Bien que natif de Rochefort, c'est dans le quartier portuaire de La Pallice qu'il a appris à marcher, pêchant le tacaud avec son père au môle d'escale et suivant son grand-père, figure historique du basket rochelais, au stade Marcel-Deflandre.

Une filiation revendiquée avec Michel Crépeau

Contrairement à ses prédécesseurs Maxime Bono et Jean-François Fountaine, Olivier Falorni n'est pas un héritier direct du charismatique Michel Crépeau. Pourtant, le futur maire revendique cette filiation politique, se souvenant avec émotion d'un discours de l'ancien garde des Sceaux à l'Oratoire. « Il y avait de l'énergie, de l'amour, un souffle. Je trouvais beau que la politique puisse créer un tel élan collectif dans une forme de communion laïque ».

Comme son illustre modèle, et maintenant qu'il a préféré le clocher municipal à l'hémicycle parlementaire, Olivier Falorni entend à son tour graver sa propre trace dans la pierre rochelaise, mariant son combat national pour la fin de vie avec son engagement renouvelé pour la ville qui l'a vu grandir.