La primaire de la gauche se précise avec la proposition d'un double scrutin portée par Olivier Faure. François Hollande et Raphaël Glucksmann n'excluent plus d'y participer, signe d'un possible rapprochement social-démocrate.
Une double primaire pour départager les candidats
Alors que l'ancien président et le député européen refusaient jusqu'ici fermement de participer à une primaire de la gauche non mélenchoniste, ils pourraient accepter la dernière proposition d'Olivier Faure. Celle-ci consisterait à organiser deux primaires distinctes.
La première désignerait le candidat du camp socialiste et social-démocrate, c'est-à-dire le candidat commun au Parti socialiste, à Place Publique et à la Convention de Bernard Cazeneuve. Le corps électoral serait élargi aux sympathisants, avec une participation au vote de 1 ou 2 euros.
Viendrait ensuite une seconde primaire, plus large, pour désigner le candidat unique de la gauche non mélenchoniste. Y participeraient le candidat social-démocrate, mais aussi les Écologistes, ainsi que les ex-Insoumis Clémentine Autain et François Ruffin.
Les candidatures potentielles se multiplient
Olivier Faure réfléchirait à sa propre candidature, de même que Boris Vallaud, Jérôme Guedj, Karim Bouamrane, Ségolène Royal, et donc François Hollande et Raphaël Glucksmann. « En démocratie, rien ne vaut un vote de plusieurs centaines de milliers de militants, clair et honnêtement organisé, plutôt qu'un sondage fait sur un échantillon de 1 500 personnes », a confié l'ancienne candidate à la présidentielle à nos confrères de L'Opinion.
Mais rien n'est encore fait. Une réunion associant Raphaël Glucksmann et les trois sensibilités du PS, qui n'ont toujours pas donné leur avis, devrait être organisée dans les prochains jours pour en discuter.
Un processus favorable au PS ?
Ce processus semble favorable au candidat du PS, qui bénéficierait du soutien des militants socialistes, alors que Place Publique et La Convention en comptent beaucoup moins. Sans ressources financières propres, Raphaël Glucksmann et Bernard Cazeneuve n'ont d'autre choix que d'accepter cette solution afin, s'ils l'emportent, d'être soutenus financièrement par le PS. « De plus, ce processus donnerait de la légitimité à celle ou celui qui serait désigné par le PS, puis par l'ensemble de la gauche non Mélenchon », note un proche du Premier secrétaire.
Un vote prévu le 9 juillet au plus tard
« Dans ce moment clé, nous sommes déterminés à poser une stratégie qui réunit de François Ruffin à Raphaël Glucksmann et donne une perspective à une victoire de la gauche démocratique et écologique. Nous ne pouvons pas devenir la gauche la plus bête du monde au moment où la menace de l'extrême droite n'a jamais été aussi crédible », a réaffirmé l'entourage du premier secrétaire du PS.
Selon L'Opinion, dans l'entourage de Marine Tondelier, on accueille positivement le scénario d'une double primaire : « Depuis plusieurs semaines, voire mois, il était répété sur tous les tons que la primaire était morte et enterrée. Or, ce n'est pas le cas. Les socialistes semblent avancer vers une solution où, dans un premier temps, ils sélectionnent leur candidature pour ensuite participer à une désignation ouverte, c'est-à-dire de fait une primaire. Ce n'est évidemment pas gagné, et il reste des choses à éclaircir, mais c'est un mouvement. »
Pour sa part, Olivier Faure proposera aux militants socialistes de se prononcer sur cette stratégie par vote électronique le 9 juillet au plus tard. Il était temps que les choses avancent alors que Jean-Luc Mélenchon met la dernière main à son discours de dimanche. Il lancera en effet sa campagne lors d'un grand meeting à Saint-Denis qui s'annonce très suivi.



