Une page politique se tourne à Frontignan
La vie politique frontignanaise connaît un tournant significatif avec le départ simultané de deux figures emblématiques de bords opposés. Jean-Louis Bonneric, conseiller municipal communiste de 76 ans, et Gérard Prato, ancien élu du Rassemblement national âgé de 63 ans, quittent définitivement l'assemblée délibérante de la commune.
Quarante-trois ans d'engagement pour le communiste
Jean-Louis Bonneric aura marqué la vie politique locale pendant près d'un demi-siècle. Adhérent du Parti communiste depuis l'âge de 17 ans, il déclare avec fierté : « Je suis resté fidèle à mes engagements ». Son parcours municipal s'étend de 1983 à 2026, soit quarante-trois années de service continu.
Au cours de cette longue carrière, l'élu a connu pas moins de cinq maires différents et a mené de nombreuses batailles politiques. Parmi ses réalisations les plus significatives, il cite particulièrement la mise en place des conseils de quartiers, aujourd'hui transformés en comités habitants. « J'en suis satisfait même si, bien sûr, rien n'est parfait dans la vie », nuance-t-il avec le recul de l'expérience.
Malgré son retrait de la scène municipale, Bonneric précise bien la nuance : « Je prends ma retraite d'élu pas de militant ». Il reste un citoyen politiquement mobilisé pour sa ville et travaille actuellement à l'écriture d'un livre sur l'histoire du parti communiste à Frontignan depuis les années soixante.
Le parcours contrasté de l'ancien élu RN
Gérard Prato, pur Sétois d'origine et inspecteur des finances publiques, a quant à lui siégé pendant treize ans à l'assemblée de la cité muscatière. Arrivé à Frontignan dans les années quatre-vingt-treize, il a d'abord représenté le Rassemblement national avant de prendre ses distances avec le parti et de siéger sans étiquette.
L'ancien conseiller municipal, qui a également occupé des fonctions de délégué départemental du RN et de conseiller régional d'Occitanie, tire aujourd'hui un bilan nuancé de son engagement politique. « J'ai passé des bons moments », reconnaît-il, « mais j'en ai connu aussi qui n'étaient pas agréables, surtout lorsqu'on se faisait conspuer pour des motifs qui n'étaient pas justifiés ».
Deux visions de l'engagement politique
Les deux hommes partagent cependant une même conviction : l'engagement municipal représente un véritable sacerdoce. Prato observe avec lucidité : « Aujourd'hui pour être maire il faut être courageux, il faut aller au charbon. La fonction est très compliquée ».
Le système politique actuel, selon l'ancien élu RN, favorise mécaniquement les sortants : « C'est très difficile de faire chuter une majorité, qu'elle soit de droite ou de gauche. Le système fait en sorte qu'il y a forcément une prime au sortant ».
L'après-mandat déjà en perspective
Les deux conseillers municipaux abordent leur retraite politique avec des projets bien distincts. Gérard Prato annonce s'orienter vers le milieu associatif et sportif : « Comme je suis un passionné de plein de choses, je ne vais pas m'ennuyer énormément ». Il précise cependant qu'il continuera à s'intéresser à la vie de sa ville.
Jean-Louis Bonneric, de son côté, conserve son engagement militant tout en se consacrant à ses projets d'écriture. Les deux hommes quittent la scène municipale avec le sentiment du devoir accompli, même si leurs parcours et leurs convictions politiques les ont souvent placés à des extrémités opposées de l'échiquier politique local.
Leur départ simultané marque la fin d'une époque pour la vie politique frontignanaise et ouvre la voie à un renouvellement générationnel au sein du conseil municipal. Dimanche 15 mars, pour la première fois depuis des décennies, leurs noms ne figureront plus sur les listes électorales de la commune.



