Gérald Darmanin assume un désaccord « profond, quasi frontal » avec le Syndicat de la magistrature
Darmanin assume un désaccord « quasi frontal » avec le Syndicat de la magistrature

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a assumé mercredi 23 juin un désaccord « profond, quasi frontal » avec le Syndicat de la magistrature (SM), qu'il accuse de défendre une vision politique de la justice. Interrogé lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le ministre de la Justice a répondu à une question du député LR Éric Ciotti, qui dénonçait les récentes prises de position du SM.

Des critiques acerbes du ministre

« Je ne partage pas les positions du Syndicat de la magistrature, je les trouve souvent excessives, souvent partisanes », a déclaré Gérald Darmanin. « Je pense qu'il y a un désaccord profond, quasi frontal, entre la conception que je me fais de la justice et celle que défend le Syndicat de la magistrature. » Le ministre a notamment reproché au SM d'avoir critiqué la politique pénale du gouvernement et d'avoir pris position sur des sujets de société comme le mariage pour tous ou la PMA.

« Le Syndicat de la magistrature a le droit de dire ce qu'il pense, mais il ne peut pas prétendre parler au nom de tous les magistrats », a-t-il ajouté. « Je respecte profondément les magistrats, je respecte leur indépendance, mais je ne peux pas accepter que le Syndicat de la magistrature fasse de la politique. »

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Un syndicat historiquement classé à gauche

Le Syndicat de la magistrature, créé en 1968, est historiquement classé à gauche et proche des idées progressistes. Il a souvent été en conflit avec les gouvernements de droite comme de gauche. Ces dernières semaines, il a vivement critiqué la réforme de la justice portée par Gérald Darmanin, notamment la création d'une police de la sécurité du quotidien et le renforcement des peines pour les mineurs délinquants.

Interrogé sur le fait de savoir si le ministre allait rencontrer les représentants du SM, son entourage a indiqué qu'« aucune rencontre n'est prévue à ce stade ». « Le ministre a dit ce qu'il avait à dire », a-t-on ajouté. « Il n'y a pas de dialogue possible avec un syndicat qui refuse toute discussion et qui se positionne en opposition systématique. »

Des réactions du côté du SM

Le Syndicat de la magistrature a réagi par un communiqué, dénonçant « des propos indignes d'un garde des Sceaux ». « M. Darmanin semble oublier que les magistrats sont indépendants et qu'ils ne sont pas à son service », écrit le SM. « Le syndicat continuera à défendre une justice indépendante et impartiale, contre les attaques du gouvernement. »

Le président de l'Union syndicale des magistrats (USM), majoritaire chez les magistrats, a également réagi, estimant que « le ministre a le droit de ne pas être d'accord avec un syndicat, mais il doit respecter tous les syndicats ». « Nous regrettons que le débat public se polarise ainsi », a-t-il déclaré.

Un contexte tendu

Cette prise de position de Gérald Darmanin intervient dans un contexte tendu entre le gouvernement et une partie de la magistrature. Plusieurs réformes, comme la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs ou la création de centres éducatifs fermés, suscitent l'opposition de certains syndicats.

Selon un sondage Ifop réalisé en mai 2026, 62 % des Français estiment que la justice est trop laxiste, tandis que 38 % la jugent trop sévère. Le gouvernement entend durcir la réponse pénale, notamment pour les mineurs et les récidivistes.

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