L'Assemblée nationale a achevé, ce jeudi 18 juin, l'examen du projet de loi constitutionnelle relatif à l'autonomie de la Corse. Ce texte, porté par le gouvernement, vise à inscrire dans la Constitution une reconnaissance spécifique de l'île, avec des compétences élargies en matière de développement économique, social et culturel.
Un débat houleux
Les discussions ont été marquées par des échanges vifs entre les partisans et les opposants au projet. Les députés nationalistes corses ont salué une avancée historique, tandis que certains élus de l'opposition ont dénoncé une atteinte à l'unité nationale. Le ministre des Collectivités territoriales a défendu le texte en soulignant qu'il s'agit d'une réponse aux aspirations légitimes du peuple corse, dans le respect de la République.
Les principales dispositions
Le projet de loi constitutionnelle prévoit notamment :
- La reconnaissance d'un statut d'autonomie pour la Corse, avec des compétences propres en matière de planification territoriale, de transport et de culture.
- La création d'une assemblée locale dotée de pouvoirs législatifs dans les domaines dévolus.
- Un mécanisme de coopération renforcée avec l'État français pour les questions de sécurité et de justice.
Le texte doit encore être examiné par le Sénat avant d'être soumis au Congrès. Si la majorité des trois cinquièmes est atteinte, la réforme constitutionnelle sera adoptée.
Réactions politiques
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le président du groupe La République en marche a salué un "compromis historique" qui permet de concilier unité nationale et reconnaissance des spécificités corses. À l'inverse, le chef de file des députés Les Républicains a dénoncé une "braderie de la souveraineté nationale". Les écologistes, tout en soutenant l'autonomie, ont regretté que le texte n'aille pas assez loin sur les questions environnementales.
De leur côté, les élus corses ont exprimé leur satisfaction, tout en appelant à une mise en œuvre rapide. "C'est une étape décisive pour notre île, mais le combat continue pour obtenir les moyens nécessaires à cette autonomie", a déclaré le président de l'Assemblée de Corse.
Prochaines étapes
Le projet de loi constitutionnelle sera transmis au Sénat dans les prochaines semaines. Si les sénateurs adoptent le texte dans les mêmes termes, il sera soumis au Congrès à Versailles. En cas de désaccord, une commission mixte paritaire sera réunie pour trouver un compromis. Le gouvernement espère une adoption définitive avant la fin de l'année.
Cette réforme constitutionnelle, si elle aboutit, marquera un tournant dans l'histoire de la Corse et de la France, en offrant à l'île un statut unique au sein de la République.



