Le Rassemblement national fait son entrée en Corrèze pour les municipales de 2026
Fort d'une percée historique lors des élections de 2024, le Rassemblement national (RN) est désormais en mesure de présenter des listes dans cinq communes de Corrèze, une première sur ces terres qui ont vu défiler les figures politiques de François Mitterrand, Jacques Chirac et François Hollande. Cette implantation inédite du parti d'extrême droite dans un département traditionnellement communiste, gaulliste puis socialiste suscite des réactions vives parmi les élus sortants et les habitants.
Une terre historique bouleversée
Dans la salle des mariages d'Uzerche, les portraits des anciens présidents semblent témoigner du choc. Jean-Paul Grador, maire communiste sortant après trente ans d'engagement, secoue la tête avec incrédulité. « Non, je n'aurais jamais imaginé connaître ça au moment de passer le relais », confie-t-il, soulignant que pour la première fois, la « perle du Limousin » devra composer avec une liste du RN lors d'un scrutin municipal.
Le parti héritier du Front national, cofondé par Jean-Marie Le Pen, peut désormais présenter des candidats dans cinq communes corréziennes :
- Tulle
- Brive-la-Gaillarde
- Allassac
- Saint-Pantaléon-de-Larche
- Uzerche
Sans compter les bourgs où des listes partageant les idées et la couleur politique du RN se présentent sans l'estampille officielle du logo à la flamme.
Une progression électorale vertigineuse
La percée du RN aux élections européennes et législatives de 2024 reste gravée dans toutes les mémoires. « Chez nous, ils faisaient un petit 10% aux législatives de 2017 et 15% en 2022. En 2024, ils sont passés à 30%. Des chiffres qu'on n'avait jamais vus par ici », explique Catherine Chambras, première adjointe et candidate sans étiquette à la succession de M. Grador sur une liste de gauche.
Cette montée soudaine avait d'ailleurs poussé l'ancien président François Hollande à se présenter dans la première circonscription qu'il a finalement remportée, témoignant de l'inquiétude suscitée par cette progression.
Le choc des héritages politiques
Jean-Paul Grador, fils de résistant et ancien cheminot, ne cache pas son amertume : « Nos anciens doivent se retourner dans leur tombe. La Corrèze, une terre martyre, une terre de résistance et d'accueil… On se croyait préservés ». Ces mots résonnent particulièrement dans un département qui a longtemps été considéré comme un bastion imprenable pour l'extrême droite.
La situation actuelle marque un tournant significatif dans le paysage politique local, où les forces traditionnelles de gauche et le gaullisme dominaient historiquement. L'implantation du RN dans ces communes symboliques représente un défi majeur pour les formations politiques établies et pourrait redéfinir les équilibres électoraux dans cette région du Limousin.



