Le 24 juin 2026, la première pierre du futur crématorium de Clermont-l’Hérault a été posée au 1850 avenue de la Salamane. L’équipement, dont le chantier a débuté en avril, doit être livré au second semestre 2027. Il s’agit du quatrième crématorium du département de l’Hérault, destiné à un territoire de près de 90 000 habitants où environ 1 000 personnes décèdent chaque année, selon Gérard Bessière, maire de Clermont-l’Hérault et président de la Communauté de communes du Clermontais (CCC).
Un investissement de 5 millions d’euros en délégation de service public
Le projet, d’un montant de près de 5 millions d’euros, est réalisé dans le cadre d’une délégation de service public. Il est porté par un groupement constitué de la Société Nouvelle de Crémation (SNC), des pompes funèbres et marbrerie Clermontaise, et de la SAEML des Pompes funèbres des Communes Occitanes. Gérard Bessière a salué « le professionnalisme, le sérieux, l’expérience » des délégataires et leur « volonté de travailler ensemble avec Clermont-Ferrand, Béziers et Clermont-l’Hérault », estimant que c’est là que résident « les conditions de la réussite de ce projet ».
Denis Dabrigeon, dirigeant de la SNC, mandataire du groupement, a souligné le défi de concevoir un crématorium dans une zone d’aménagement concerté (ZAC), celle de la Salamane. « Il y avait un défi dans ce dossier : l’emplacement. Notre architecte l’a relevé, en concertation. Nous avons souhaité concevoir un lieu apaisé, ouvert, respectueux des personnes et de leur histoire. Nous allons constituer, ici, un havre de paix et de verdure », a-t-il déclaré. Le lieu sera adapté pour accueillir la diversité des parcours de vie.
Un service attendu par la population
« La présence d’un crématorium sur le territoire va permettre de raccourcir les délais qui sont très importants. C’est important pour une famille en deuil et c’est un projet vraiment structurant pour le territoire », a souligné la conseillère régionale Myriam Gairaud. Le sénateur Jean-Pierre Grand a rappelé que « dans ce bassin de vie, cela a du sens. (Avoir porté ce projet) c’est d’abord un respect de vos concitoyens, beaucoup de familles sont concernées ».
Jean-François Soto, président du Pays Cœur d’Hérault, a rendu hommage à « un choix de responsabilité et de courage politique. Pour ce grand territoire, un crématorium est un atout de taille. Et ce projet n’est pas une mince affaire car les méandres administratifs sont lourds… »
Une caution publique et un objectif de service
Manuel Sauveplane, directeur général du Pech Bleu, a présenté sa société comme « la caution publique de ce groupement : une société d’économie mixte comme la nôtre est capitalisée par 69 collectivités locales. On sait ce que c’est que de travailler en transparence pour elles et de ne pas avoir pour objectif la rentabilité comme peuvent l’avoir des “majors”. Notre objectif, c’est de prendre soin des gens. Le groupement porte tout l’investissement mais c’est un bien qui vous appartient, c’est important qu’il soit beau et qu’il ne vous coûte rien », a-t-il déclaré à l’attention des élus clermontais.
Des turbulences évoquées
La conseillère départementale Marie Passieux a félicité les élus d’avoir « réussi à faire sortir ce projet de terre malgré les quelques turbulences que vous avez rencontrées ». En filigrane, elle faisait allusion à l’enquête pour « favoritisme » qui a visé Gérard Bessière au lancement du nouveau mandat, concernant les conditions d’attribution de la délégation de service public du futur équipement. Selon le maire, la procédure est le résultat « de billevesées de gens aigris, agressifs, qui ne connaissent pas les dossiers et qui les abordent sous un angle politicien. Nous, en revanche, les abordons sous un angle politique dans le bon sens du terme. La preuve aujourd’hui ! »



