Foulques Chombart de Lauwe, le candidat qui veut briser trente-sept ans de socialisme à Nantes
Son nom résonne comme un défi lancé à l'ordre établi. Issu de l'ancienne bourgeoisie du Nord, Foulques Chombart de Lauwe s'installe comme l'adversaire déterminé de Johanna Rolland pour les élections municipales de 2026. À Nantes, son irruption sur la scène politique dépasse largement le simple épisode local. Elle incarne le pari audacieux de la droite républicaine qui ambitionne de reconquérir les grandes villes françaises, traditionnellement dominées par la gauche.
Une campagne précoce et méthodique
Investi largement à l'issue d'une primaire en juin 2025, Foulques Chombart de Lauwe aborde les municipales avec une stratégie réfléchie. Entré en campagne dès 2023 pour installer son offre politique, il entend rassembler la droite, le centre et « tous ceux qui aspirent à en finir avec trente-sept ans de socialisme ». Son échec aux législatives de 2022, où il n'a obtenu que 9,35% des voix, a servi d'électrochoc. Dans une métropole où la gauche domine et où la macronie conserve une présence, FCL a compris que la seule bannière LR ne suffirait pas.
Pour se faire entendre, il a d'abord adopté une communication volontairement tranchante : « En 2026, c'est l'extrême gauche ou moi », ou encore : « Je veux virer Johanna Rolland. » Depuis, le candidat a édulcoré ses propos : « Je voulais intriguer pour donner envie aux électeurs », explique-t-il, tout en insistant sur le fait qu'il n'est pas partisan de l'union des droites. « Pour gagner, il faut avant tout convaincre », ajoute-t-il.
Une approche qui casse les codes
Foulques Chombart de Lauwe revendique « une campagne qui casse les codes ». « À Nantes, depuis des années, les électeurs pensent que le match est plié d'avance. C'est ça que je veux casser. Je suis parti tôt pour que les Nantais se réintéressent au match », poursuit-il. Pour cela, il met en avant les sujets du quotidien, ceux qui, selon lui, « empoisonnent la vie des habitants ». Et de marteler : « Une autre politique est possible. Elle est même nécessaire pour préparer l'avenir et rendre la ville aux Nantais. »
Un parcours entre développement international et engagement politique
C'est en 2015 que ce quadragénaire, qui a passé quinze ans à l'Agence française de développement à sillonner le monde, revient à Nantes comme directeur général adjoint à la région, sous la houlette de Bruno Retailleau. En 2019, nouveau virage : FCL rejoint Keyman, un cabinet de recrutement de cadres. L'homme devient ainsi spécialiste des PME et ETI du Grand Ouest avant de replonger dans le monde politique.
Élu conseiller municipal en 2020, il se fait un nom comme président de la commission des finances, où il traque les « dépenses dispendieuses » et dénonce l'endettement de la ville. Mais c'est sur la sécurité qu'il attaque le plus fort. « Une jeune femme doit pouvoir traverser la place du Commerce sans être agressée », martèle-t-il.
Trois mesures phares pour la sécurité
Ses trois premières mesures dans ce domaine, s'il était élu ?
- « L'armement de la police municipale. Pas par goût des armes mais pour protéger ceux qui nous protègent. »
- « Le renforcement de leurs effectifs pour une présence 24 heures/24 et 7 jours/7 dans les zones sensibles. »
- « Un plan de réparation avec des travaux d'intérêt général pour responsabiliser les mineurs. »
Sur la vidéoprotection, Foulques Chombart de Lauwe esquive la surenchère : « 500 caméras si ça suffit, 1 000 si c'est nécessaire. Je suis pragmatique. »
Une écologie de droite, pragmatique et inclusive
Mais c'est sur l'écologie que le candidat LR illustre la mue entamée par Les Républicains pour reconquérir les métropoles. Celui qui se définit comme un « écolo de droite » milite pour une « écologie d'usage » et refuse le punitif. « Je ne suis pas climatosceptique, mais on ne peut pas demander aux gens de changer sans solutions alternatives. L'écologie qui exclut les plus modestes, celle qui par exemple empêche l'apprenti boucher de se garer pour son service à 6 heures, je la refuse », argumente-t-il.
Une équation politique inédite pour la droite urbaine
Peut-il l'emporter contre Johanna Rolland ? Les rapports de force lui sont défavorables. Mais sa candidature expérimente une nouvelle équation de la droite urbaine : conjuguer ordre et services, écologie d'usage et développement économique, maîtrise budgétaire et ambition métropolitaine. « Je veux rendre aux Nantais leur fierté. On a tout pour être de nouveau la ville où il fait bon vivre, si on s'en occupe vraiment », insiste-t-il.
S'il déplace les lignes, même sans l'emporter, il aura inscrit une méthode dans les carnets des états-majors. À Nantes, il teste une hypothèse politique : celle d'une reconquête possible des métropoles par une droite qui accepte enfin de parler la langue des villes, sans renier la sienne. Cette approche pourrait bien redéfinir les stratégies électorales de la droite dans les grandes agglomérations françaises.



