Alors que la France traverse une vague de chaleur exceptionnelle, l'Assemblée nationale n'est pas épargnée. Les températures élevées transforment l'hémicycle en un véritable « triangle des Bermudas », selon les termes d'un député anonyme. Les élus peinent à rester concentrés, et le travail parlementaire en pâtit.
Des conditions de travail dégradées
La canicule, qui sévit depuis plusieurs jours, a des conséquences directes sur le fonctionnement de l'Assemblée. Les températures dans l'hémicycle atteignent régulièrement les 30°C, rendant la respiration difficile et la concentration quasi impossible. « On a l'impression de travailler dans un four », confie un député, qui préfère garder l'anonymat. Les services techniques de l'Assemblée tentent de pallier ce problème en installant des ventilateurs, mais ces derniers s'avèrent insuffisants.
Les séances de questions au gouvernement, pourtant cruciales, voient leur rythme ralenti. Les députés sont moins nombreux à prendre la parole, et les débats s'enlisent. Selon un assistant parlementaire, « le taux de présence a chuté de 20 % par rapport à une journée normale ». Les commissions, qui se réunissent dans des salles souvent moins bien ventilées, sont également touchées.
Des solutions insuffisantes
La présidence de l'Assemblée a été saisie de la question, mais les solutions restent limitées. La climatisation centrale, vétuste, ne parvient pas à rafraîchir l'ensemble du bâtiment. Des travaux de rénovation sont évoqués, mais ils ne pourront être réalisés qu'à la prochaine législature. En attendant, les députés doivent composer avec la chaleur.
Certains élus n'hésitent pas à quitter l'hémicycle pour se rafraîchir dans les couloirs ou les bureaux climatisés. D'autres adoptent des tenues plus légères, mais le règlement intérieur interdit le port de shorts. « C'est une situation ubuesque », déplore un député d'opposition. « On nous demande de légiférer, mais on ne peut même pas assurer des conditions de travail décentes. »
Un impact sur la productivité
La canicule a un impact direct sur la productivité parlementaire. Le nombre de textes examinés par séance a diminué, et les votes sont parfois reportés. Selon les chiffres communiqués par les services de l'Assemblée, le temps moyen de débat par texte a augmenté de 15 % en raison des pauses fréquentes et des interruptions.
Les députés les plus âgés ou souffrant de problèmes de santé sont particulièrement vulnérables. Un médecin de l'Assemblée a été dépêché pour surveiller l'état des élus. « Nous avons eu plusieurs cas de malaises, mais rien de grave », précise-t-il.
Des précédents inquiétants
Ce n'est pas la première fois que l'Assemblée nationale est confrontée à des conditions de travail difficiles liées à la chaleur. En 2003, lors de la canicule historique, les séances avaient dû être écourtées. Mais cette année, la situation est particulièrement préoccupante en raison de la fréquence accrue des épisodes caniculaires liés au changement climatique.
Un rapport du Bureau de l'Assemblée, cité par un député, indique que « les infrastructures ne sont pas adaptées aux vagues de chaleur récurrentes ». Des investissements sont nécessaires pour moderniser le système de climatisation et améliorer l'isolation du bâtiment.
Vers des mesures d'urgence
Face à l'urgence, certains députés proposent des mesures temporaires, comme l'instauration de séances en soirée, quand les températures sont plus clémentes, ou le recours au vote électronique à distance. Mais ces propositions se heurtent à des obstacles réglementaires et logistiques.
Le président de l'Assemblée a promis de faire le point dans les prochains jours. En attendant, les députés endurent la canicule, espérant que le mercure redescende rapidement. « On fait avec les moyens du bord », résume un élu. « Mais c'est clairement pas l'idéal pour travailler. »



