Municipales 2026 à Béziers : Raymond Couderc sort de sa réserve et soutient un candidat
Béziers 2026 : l'ancien maire Couderc prend position

Municipales 2026 à Béziers : l'ancien maire Raymond Couderc rompt son silence

Après plus d'une décennie de retrait et de neutralité politique, Raymond Couderc, qui a dirigé Béziers durant trois mandats successifs de 1995 à 2014, a décidé de sortir de sa réserve. À l'aube de ses 80 ans, l'ancien édile affirme ne plus pouvoir rester "uniquement spectateur" et prend publiquement position pour les élections municipales de 2026, marquant un retour remarqué sur la scène politique biterroise.

Un engagement assumé après des années de discrétion

"Je ne peux pas rester uniquement spectateur", déclare Raymond Couderc, expliquant sa décision de prendre ses responsabilités. Depuis son retrait en 2014, l'ancien maire s'était astreint à une forme de neutralité, se concentrant notamment sur son rôle au conseil d'administration national d'Action contre la faim. Cependant, depuis l'été dernier, il a pris du recul de cette fonction humanitaire pour pouvoir s'exprimer politiquement sans entrave.

Cette prise de position publique constitue un véritable "coming out politique", comme il le décrit lui-même, notamment après avoir assisté aux vœux de Thierry Mathieu en janvier dernier, assis au premier rang. Un geste fort qui symbolise son retour dans l'arène.

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Un bilan contrasté de la gestion actuelle

Raymond Couderc porte un regard nuancé sur l'évolution de Béziers sous l'actuelle municipalité. Il reconnaît certains embellissements de la ville, notamment concernant les façades, un dossier qu'il affirme avoir été préparé et mûri durant son mandat par son adjointe Florence Crouzet. Il note également que le maire sortant a bénéficié d'équipements structurants déjà réalisés, comme la médiathèque, la piscine ou Zinga Zanga.

Cependant, l'ancien édile émet de sérieuses réserves :

  • Aucune installation d'entreprise majeure sur le plan économique
  • Plusieurs musées fermés malgré des collections patrimoniales importantes
  • Aucune avancée significative sur le plan social

Il critique également ce qu'il perçoit comme un manque de respect de la loi, évoquant notamment l'affaire de l'OQTF où Robert Ménard a refusé de marier un jeune Algérien. "Le maire doit être exemplaire", insiste Couderc, qui se dit catholique pratiquant mais républicain laïc, rejetant les "coups de canif permanents à la laïcité".

Une rupture avec son ancienne famille politique

L'ancien maire exprime sa désillusion face à la droitisation des Républicains, son ancien parti. Il rappelle avoir été président départemental du Parti républicain (composante de l'UDF) pendant 7 à 8 ans, et secrétaire départemental de l'UMP pendant 12 ans. "Quand j'ai vu la dérive, la disparition de l'UMP, la droitisation de la famille politique que j'avais choisie pendant plus de 20 ans... Je ne m'y suis plus reconnu", confie-t-il.

Il se dit satisfait de ne plus être encarté depuis dix ans, particulièrement face au soutien de LR à Robert Ménard. Cette distance idéologique explique en partie son engagement actuel en faveur de Thierry Mathieu, qu'il présente comme le candidat correspondant le mieux à ses valeurs.

Analyse de la montée du RN et de la campagne

Raymond Couderc analyse la montée du Rassemblement National comme un phénomène national de protestation plutôt qu'une adhésion philosophique. "Le vote RN ne reflète pas forcément une adhésion à une philosophie, c'est un vote de protestation, de défiance et de dépit", estime-t-il, rappelant que lors de sa première élection comme conseiller général, il avait bénéficié du report de voix du PC vers le RN.

Concernant la campagne actuelle, il la qualifie de "classique", avec des projets présentés par chacun et un débat respectueux dans l'ensemble, même s'il critique les "façons de s'exprimer" de Robert Ménard qu'il juge peu dignes d'un élu.

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Perspectives sur l'agglomération et le scrutin

L'ancien maire, qui a créé l'Agglo en 2002, s'inquiète de son évolution. Il déplore que l'Agglo soit devenue un lieu de décision unilatérale plutôt qu'un espace de consensus entre les communes. "L'Agglo va payer Béziers Antique, elle paie le théâtre des Variétés. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. On prenait des décisions collégialement", regrette-t-il.

Alors que le maire sortant brigue un troisième mandat, Raymond Couderc note une différence avec sa propre réélection en 2008 où il avait obtenu 52,07% des voix au premier tour : "Les citoyens n'étaient pas assaillis à coup de communiqués". Son engagement actuel, bien que modeste selon ses propres termes, marque un tournant dans le paysage politique biterrois à moins d'un an des élections.