Bruno Drapron réélu maire de Saintes, une première historique
Le maire Horizons sortant a réussi l'exploit de conserver son poste, contrairement à ses trois prédécesseurs immédiats. Malgré l'hostilité affichée de ses concurrents divers droite, il a remporté le duel face au socialiste Ludovic Norigeon avec 55,19% des voix, grâce notamment à un ancrage solide dans les quartiers populaires.
Une victoire qui marque l'histoire de Saintes
« C'est historique. Depuis Michel Baron, aucun maire n'avait été réélu à Saintes. » Bruno Drapron ne cachait pas son plaisir, ce dimanche 22 mars, en montant sur la scène de l'espace Mendès-France. Le maire Horizons a réussi là où ses prédécesseurs – Bernadette Schmitt, Jean Rouger et Jean-Philippe Machon – avaient échoué.
Après avoir attendu longuement l'officialisation des résultats, il validait une victoire qui s'était profilée dès le début de soirée. Il totalise 5 379 voix (55,19%) contre 4 368 au socialiste Ludovic Norigeon (44,81%).
Ce score représente une nette amélioration par rapport à ses 2 408 voix (31,77%) collectées en 2020 dans une quadrangulaire, en pleine période de Covid. Il se situe cependant légèrement en dessous des performances du PS Jean Rouger en 2008 (5 577 voix, 49,21%) et du divers droite Jean-Philippe Machon en 2014 (5 727 voix, 55,72%). Cette différence s'explique principalement par une participation plus faible qu'en 2008 et 2014 : 54,12% pour ce deuxième tour, en retrait par rapport au premier tour (55,66%).
Une campagne électorale particulièrement tendue
La fin de campagne a été marquée par une forte tension, notamment sur les réseaux sociaux. « On est content que ça s'arrête. C'était une campagne de merde, on peut le dire », a soufflé Jean-Bernard Forgit, heureux de confirmer sa place dans la majorité qu'il a intégrée en cours de mandat, en mai 2025.
La liste L'Important c'est vous l'emporte dans 14 bureaux sur 19. L'équipe du maire sortant creuse un écart spectaculaire dans les quartiers les plus populaires, dépassant les 60% dans les salles du Camélia, à Roger-Pérat, au Pidou... La liste de gauche plurielle ne compense pas suffisamment dans les bureaux qui penchent de son côté, rive droite.
Paradoxalement, elle pointe devant dans deux bureaux du cœur de ville qui semblaient pourtant plus acquis à la droite. Faut-il y voir un effet de l'appel à voter contre le maire sortant lancé par Laurent Daviet (16,11% au premier tour) et Jean-Philippe Machon (12,48%) ? Pourtant divers droite comme Bruno Drapron, ils dénonçaient violemment son mode de gouvernance.
Les quartiers populaires, clé de la victoire
« Les Saintaises et les Saintais ont fait fi de tous ces appels à la haine. Je suis très en colère. On a voulu faire un 'front républicain' contre un maire centriste », a réagi Bruno Drapron, faisant référence à un terme utilisé par Jean-Philippe Machon.
Le maire réélu revendique une liste « transpartisane » et explique sa victoire par son travail dans les quartiers : « Les quartiers ont été abandonnés pendant très longtemps. On les a investis, on leur a redonné de la fierté. Ils nous le rendent. »
Une opposition qui se structure
Du côté des perdants, Ludovic Norigeon se positionne déjà pour les six prochaines années : « J'ai apporté du renouveau, de la fraîcheur, dans le respect de la démocratie. On proposait une alternative. Mon rôle sera d'honorer toutes les personnes qui ont voté pour nous », déclare-t-il, annonçant une « opposition constructive ».
Sabrina Chaborel, conseillère d'opposition sortante et numéro 2 sur la liste de gauche, veut retenir la performance : « On est parti de rien, on a réussi à unir la gauche puis, au deuxième tour, à rassembler. On reste Saintes demain. On regarde vers demain. »
Un conseil municipal plus lisible
Le tableau sera nettement plus lisible au conseil municipal, avec 27 élus pour la majorité et 8 en face. Sur le mandat précédent, l'opposition était divisée en trois camps distincts, dont l'un était issu d'une fusion de trois listes et dont le chef de file, Pierre Dietz, avait fini par rejoindre la majorité.
La tonalité pourrait aussi changer au sein de l'Agglomération de Saintes. Bruno Drapron, président sortant et candidat à sa succession, évoque quelques ajustements : « Il y aura forcément quelques ajustements. Certains ont pris position contre moi. Il faudra les assumer. J'ai de la mémoire. Mais nous aurons la même volonté, qui est de travailler dans le sens de l'intérêt du territoire. »
Le député PS et ancien maire de Villars-les-Bois Fabrice Barusseau met en garde contre une crispation excessive : « On a eu l'exemple de Jean-Philippe Machon, qui avait voulu politiser l'agglomération, ce qui avait créé une opposition. Sur le dernier mandat, on a essayé de construire quelque chose de pluriel, ça n'a pas trop mal marché. »
Malgré les tensions de campagne, Bruno Drapron garde une certaine bienveillance envers son adversaire : « Lui, je ne lui en veux pas. Je pense qu'il a de l'avenir », a-t-il déclaré à propos de Ludovic Norigeon.



