Anthony Bordarier, tête de liste RN à Alès : "Nous ne nous retirerons pas pour faire gagner Christophe Rivenq"
Anthony Bordarier, originaire de Saint-Jean-du-Gard et brigadier-chef en police nationale, se présente pour la première fois aux élections municipales. Le candidat du Rassemblement National aux scrutins des 15 et 22 mars 2026 dans la ville d'Alès, dans le Gard, affirme sa détermination sans compromis.
Un novice en politique mais un militant engagé
"Je suis novice en politique, militant RN depuis 2020 et un citoyen engagé", déclare Anthony Bordarier. C'est Yoann Gilet, responsable local, qui l'a nommé responsable de la 5e circonscription pour le RN avant de lui proposer d'être candidat à Alès, ville dont il est originaire.
Redonner de l'importance à l'histoire de la ville
Le candidat propose de "redonner de l'importance à l'histoire de la ville". Il rappelle qu'Alès est la capitale des Cévennes et évoque les Camisards. "Pour moi qui suis protestant, il faudrait peut-être rappeler que c'est un peuple de résistance", explique-t-il. Une résistance qu'il souhaite aujourd'hui tourner "contre la fatalité, l'insécurité, l'enclavement d'Alès".
Un bilan mitigé sur la ville
Anthony Bordarier reconnaît certains points positifs : "Max Roustan a fait de belles choses. J'ai vu la ville évoluer, se développer". Mais il ajoute immédiatement : "mais je l'ai vue aussi s'appauvrir, se dégrader". Il concède que l'ancien maire "a été un bon maire puisqu'il a été réélu au premier tour depuis 1955", mais estime que "cette page se tourne et cela change la donne".
Le sigle RPR et les questions d'héritage
Sa liste porte le sigle du RPR, exhumé récemment par un député du RN. Interrogé sur cette orientation gaulliste visant à séduire des électeurs réticents envers l'héritage du Front national, il répond : "On n'est plus en 1972 !". Il cite en exemple la ville de Beaucaire : "une ville plus attractive et sécurisée".
Le candidat met l'accent sur le social tout en proposant une limitation des logements sociaux (qui représentent 36% des logements de la ville). "Il faudrait plus penser à l'accession à la propriété", affirme-t-il, notant que "seuls quatre Alésiens sur dix paient la taxe foncière". Il suggère même de "mettre en vente certains logements sociaux pour être propriétaire".
Une distance affirmée avec les extrêmes
À la question provocatrice sur une éventuelle présence dans une soirée avec des croix gammées, il répond avec fermeté : "Je n'ai rien à voir avec les nazis, les fascistes, rien du tout !". Il précise son héritage personnel : "Je suis protestant de par mon père et ma mère est d'origine espagnole. Sa famille a fui le franquisme et mon grand-père était communiste".
Né en 1995, il se présente comme "pas un héritier" mais adhère aux discours de Marine Le Pen et Jordan Bardella : "Je suis d'accord avec ce qu'ils proposent, c'est cohérent. Ils n'ont pas vendu leur âme au diable comme Les Républicains et les socialistes, qui sont prêts à tout pour s'accrocher à leur siège".
Un refus catégorique de retrait stratégique
Le point central de son discours : "Le RN a une ligne de conduite et il l'assume jusqu'au bout. Et nous ne nous retirerons pas pour faire gagner Christophe Rivenq". Il dénonce vigoureusement : "Il n'y a jamais eu d'accord alors que l'on voit l'alliance avec la macronie, avec Daufès-Roux sur la liste de Christophe Rivenq".
Jordan Bardella et le renouvellement politique
Interrogé sur Jordan Bardella, il répond : "Quand on voit tous ces vieux qui nous gouvernent depuis des lustres !". Il développe sa critique : "Depuis quarante ans, la droite et la gauche s'échangent le pouvoir et, au final, il n'y a rien qui change. On ne nous a jamais essayés".
Il vise également Emmanuel Macron : "Macron était soi-disant le Mozart de la finance, il finit son deuxième mandat et il n'a rien arrangé".
Ce que le RN peut apporter à Alès
Face à une ville traditionnellement de droite, il affirme : "C'est une droite macroniste, c'est la droite molle pour moi". Il critique l'opposition régionale : "À la Région, il vote ce que Delga décide, il y a peu d'opposition".
Pour Anthony Bordarier, "la vraie droite, pour moi, c'était le RPR des années 90 et, depuis, elle s'est reniée. Aujourd'hui, c'est le RN, la vraie droite". Il promet que son parti peut apporter "une ville plus sûre, plus propre et plus attractive".



