Le maire d'extrême droite d'Orange retrouve son poste après un recours judiciaire
Dans un rebondissement politique notable, Yann Bompard a officiellement retrouvé son fauteuil de maire d'Orange, cette ville de 30 000 habitants considérée comme un fief historique de l'extrême droite. Cette décision intervient après que le maire a déposé un recours contre l'arrêté préfectoral qui l'avait démis de ses fonctions fin janvier dernier.
La suspension de l'arrêté préfectoral
La préfecture du Vaucluse a annoncé mardi que l'arrêté de démission d'office concernant les mandats de conseiller municipal et de maire de Yann Bompard avait été suspendu. Cette suspension prend effet à compter de la date de son recours, déposé le 6 février dernier devant le Tribunal administratif de Nîmes.
"Yann Bompard ayant interjeté appel de la décision du Tribunal judiciaire du 26 janvier 2026 et ayant par ailleurs déposé un recours le 6 février contre l'arrêté de démission d'office du 27 janvier devant le Tribunal administratif de Nîmes, l'arrêté de démission d'office de son mandat de conseiller municipal et de maire est suspendu à compter de la date de son recours", a précisé la préfecture dans son communiqué officiel.
Une affaire d'emploi fictif qui rebondit
Le 26 janvier dernier, Yann Bompard avait été officiellement démis de ses fonctions après une condamnation pour une affaire d'emploi fictif d'assistant parlementaire. Le tribunal l'avait condamné à cinq années d'inéligibilité avec exécution provisoire, ainsi qu'à 18 mois de prison avec sursis.
Cette condamnation faisait suite à l'arrêté du préfet Thierry Suquet, intervenu en plein bouleversement de la scène politique locale. Ironie du sort, Jacques Bompard, père de Yann et maire d'Orange pendant plus de 25 ans, venait juste de voir son inéligibilité levée par la justice, l'autorisant ainsi à être candidat aux prochaines élections municipales des 15 et 22 mars.
Une dynastie politique en pleine tourmente
La famille Bompard règne depuis des décennies sur la ville d'Orange. Jacques Bompard avait été élu en 1995 sous l'étiquette du Front national (FN), avant de quitter le parti dix ans plus tard, alors que celui-ci devenait le Rassemblement national (RN). Il fonda ensuite la Ligue du Sud en 2010.
Yann Bompard avait quant à lui pris la tête de la ville en 2021, succédant à son père qui avait été condamné pour prise illégale d'intérêt, une condamnation assortie d'une peine d'inéligibilité. Cette passation familiale avait déjà marqué les esprits à l'époque.
Une audience cruciale à venir
Une audience concernant le recours de Yann Bompard devant le tribunal administratif est d'ores et déjà fixée au 6 mars prochain. Cette date tombe à peine dix jours avant le premier tour des élections municipales, ajoutant une couche supplémentaire de complexité et d'incertitude dans ce bastion politique.
Contacté par l'Agence France-Presse, l'élu n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter cette décision de justice qui lui permet de retrouver temporairement ses fonctions. La situation reste donc en suspens jusqu'à l'audience du 6 mars, qui déterminera l'issue définitive de cette affaire judiciaire aux ramifications politiques évidentes.



