Beausoleil : l'opposition dénonce les frais de représentation « purement inacceptables » du maire
Réunis en conseil municipal à Beausoleil, les élus étaient invités à voter une délibération fixant les indemnités de la majorité et notamment les frais de représentation du maire. Cette séance a donné lieu à un échange particulièrement vif avec l'opposition, qui a dénoncé une enveloppe jugée excessive et réclamé davantage de transparence.
Une enveloppe de 2.000 euros mensuels contestée
Nicolas Spinelli, à la tête du groupe minoritaire, a pris pour cible les 2.000 euros mensuels accordés au maire Gérard Spinelli, en plus de son indemnité de fonction. La majorité souhaite maintenir cette allocation jusqu'à la fin du mandat, justifiant ce montant par le « contexte particulier » de la commune, adossée à Monaco, où les obligations protocolaires seraient nombreuses.
« C'est purement inacceptable », a déclaré Nicolas Spinelli, rappelant que Beausoleil a déjà été pointée comme la commune de France versant le plus de frais de représentation à son maire. Durant la séance, il a comparé différentes communes et souligné que, dans l'ensemble de la communauté d'agglomération, ces frais n'étaient généralement pas attribués.
Comparaisons éloquentes et arguments contradictoires
Prenant l'exemple d'Anne Hidalgo, l'opposant a noté que les frais de l'ancienne maire de Paris étaient passés de 19.000 à 9.000 euros annuels. « C'est deux fois moins qu'à Beausoleil alors que le budget de la ville est 300 fois supérieur ! », s'est-il indigné. La suppression de ces frais figurait d'ailleurs dans son programme électoral, une proposition qu'il compte continuer à défendre.
En réponse, Richard Marcon, adjoint au maire, a insisté sur le coût des relations publiques « dans une des zones les plus chères du monde » et sur les efforts de la ville pour lever des financements. « Allez chercher, ça coûte de l'argent », a-t-il résumé, précisant que ces dépenses sont encadrées, affectées à des frais éligibles et accompagnées de justificatifs.
Un débat qui prend une dimension personnelle
Le débat s'est envenimé lorsque Richard Marcon a reproché à Nicolas Spinelli d'avoir, en 2020, voté lui-même cette enveloppe de 24.000 euros lorsqu'il siégeait encore dans la majorité. L'intéressé a assuré, au contraire, la cohérence de sa position, affirmant avoir conditionné ce vote à un contrôle strict et au remboursement des sommes non utilisées.
Une opposition offensive malgré sa minorité
Nicolas Spinelli, qui n'a pas encore acté sa décision d'occuper pleinement son siège de conseiller municipal tout au long du mandat, compte sur un groupe actif. « On combattra toutes les décisions avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord », a-t-il déclaré. Il a également indiqué avoir demandé les justificatifs des dépenses au mois de décembre, sans les obtenir. La majorité a répondu que toutes les pièces seraient transmises sans préciser formellement de délai.
Sans surprise, l'opposition, minoritaire avec seulement 6 élus contre 25, n'a pas pesé sur le vote des délibérations. Un amendement porté par Nicolas Spinelli visant à réduire de 20 % les indemnités des élus a également été rejeté dans les mêmes proportions.
Des demandes de transparence pour l'avenir
En fin de séance, le chef de file de l'opposition a demandé que les conseils municipaux soient diffusés en direct et disponibles en ligne, au nom de la transparence de la vie publique. Gérard Spinelli a répondu que le dispositif était à l'étude, sans donner de calendrier précis, mais a confirmé que le projet était bien enclenché par l'équipe municipale en place.
Cet épisode montre une opposition résolument offensive, prête à multiplier amendements et demandes de comptes sur les dépenses de la municipalité. Si le groupe de Nicolas Spinelli s'est montré combatif, Livio Orsi, autre figure de l'opposition, était absent pour cette deuxième séance du mandat.



