Municipales 2026 en Aveyron : l'opposition municipale démissionne avant l'installation du maire
Dans le village de Saint-Sernin-sur-Rance, situé en Sud-Aveyron, un événement politique rare s'est produit lors des élections municipales de 2026. L'opposition municipale a pris la décision collective de démissionner avant même que le maire ne soit officiellement installé, laissant le conseil municipal sans aucune voix discordante.
Un scrutin serré suivi d'une démission en cascade
Lors du scrutin du dimanche 15 mars 2026, les électeurs de Saint-Sernin-sur-Rance avaient le choix entre deux listes distinctes. Le taux de participation a atteint un niveau remarquable de 85,49%, démontrant l'intérêt des citoyens pour cette élection locale.
La liste menée par le maire sortant Patrick Roques est arrivée en tête avec 57,14% des suffrages exprimés, ce qui lui a permis d'obtenir douze sièges au conseil municipal. La liste concurrente, conduite par la première adjointe sortante Roselyne Amalric Vuagnat, a quant à elle recueilli 42,86% des voix, lui donnant droit à trois élus.
Dès le dépouillement, l'ambiance s'est révélée particulièrement tendue dans le bureau de vote, avec des échanges vifs entre certains colistiers des deux formations politiques. Cette atmosphère conflictuelle a préfiguré les événements qui allaient suivre.
Une installation du conseil sans opposition
L'installation officielle du conseil municipal s'est déroulée le vendredi 20 mars en soirée dans la mairie du village. Seuls les douze élus de la liste de Patrick Roques étaient présents pour cette séance inaugurale.
Sur les quinze membres qui composaient initialement la liste de Roselyne Amalric Vuagnat, sept colistiers avaient déjà démissionné avant cette réunion, y compris la tête de liste elle-même. Les trois élus restants - Stéphane Alary, Blandine Desplanque et Bruno Privat - avaient été formellement convoqués pour participer au conseil d'installation, mais tous les trois ont finalement fait défaut.
Cette absence collective a créé une situation exceptionnelle : un conseil municipal installé sans aucune présence de l'opposition, réduisant ainsi la diversité des points de vue au sein de l'assemblée délibérante.
Les justifications d'une décision difficile
Au lendemain de cette installation controversée, Roselyne Amalric-Vuagnat a publié un communiqué pour expliquer les raisons de cette démission en cascade. Elle y évoque explicitement le climat de tension qui a marqué la campagne électorale et le dépouillement des votes.
"Des propos échangés ne correspondent pas à l'idée que nous nous faisons du respect dû aux élus et rendent difficile un fonctionnement serein indispensable lors d'un conseil municipal", a-t-elle écrit. "Dans ces conditions et après mûre réflexion, nous considérons ne pas être en mesure d'exercer notre mandat dans un cadre apaisé et respectueux."
La responsable politique a qualifié cette décision de difficile mais nécessaire, affirmant qu'elle était "la seule compatible avec nos convictions et avec l'intérêt de la commune". Elle a conclu son message en exprimant le souhait que "les projets utiles à la population se réalisent dans les meilleures conditions".
L'élection du maire et de son équipe
Lors de cette séance d'installation, Patrick Roques, étant le seul candidat en lice pour le poste de maire, a été élu avec onze voix favorables et un bulletin blanc. Il sera accompagné dans sa mission par quatre adjoints qui ont également été désignés lors de cette réunion.
L'équipe municipale se compose ainsi :
- Adrienne Perrier, première adjointe, déléguée aux finances et à la communication
- Serge Spataro, deuxième adjoint, délégué à la voirie, aux réseaux et aux affaires juridiques
- Yolande Condomines, troisième adjointe, déléguée au tourisme, à la vie associative et à l'éducation
- Guy Roulin, quatrième adjoint, délégué à l'urbanisme, aux bâtiments et à l'habitat
Les indemnités de fonction validées
Le conseil municipal nouvellement installé a également procédé au vote concernant le montant des indemnités de fonction qui seront perçues par les élus. Ces rémunérations ont été fixées comme suit :
- Le maire percevra 1 820,96 € brut par mois
- Les adjoints toucheront 411,05 € brut par mois
- Le conseiller délégué recevra 205,52 € brut par mois
Cette situation politique inhabituelle à Saint-Sernin-sur-Rance illustre les tensions qui peuvent surgir lors des élections locales et leurs conséquences sur le fonctionnement démocratique des institutions municipales. L'absence totale d'opposition au sein du conseil pose des questions sur la diversité des débats et la représentation de l'ensemble des sensibilités politiques dans la prise de décision communale.



