Autonomie de la Corse : un projet de loi délétère selon des universitaires
Autonomie de la Corse : un projet de loi délétère

Dans une tribune publiée par Le Monde, un collectif d'une vingtaine d'universitaires, historiens, juristes et politistes, s'oppose fermement au projet de loi sur l'autonomie de la Corse. Selon eux, ce texte « délétère » ne ferait que donner plus de pouvoir aux élus locaux, renforçant ainsi les clans et les partis politiques insulaires.

Un texte qui fragilise la démocratie

Les signataires estiment que le projet de loi, présenté par le gouvernement en mai 2026, conférerait à la Collectivité de Corse des compétences étendues en matière de développement économique, d'aménagement du territoire, de culture et d'éducation, sans mécanismes de contrôle suffisants. « Ce texte risque d'accentuer la personnalisation du pouvoir et de fragiliser les contre-pouvoirs démocratiques », écrivent-ils.

Ils pointent notamment le risque de voir émerger un « système clientéliste » où les décisions seraient prises au profit de réseaux d'influence plutôt que de l'intérêt général. « L'autonomie ne doit pas être un marchepied pour les ambitions personnelles », ajoutent-ils.

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Un processus jugé opaque

Les universitaires déplorent également le manque de concertation préalable à l'élaboration du projet de loi. « Aucun débat public digne de ce nom n'a eu lieu en Corse sur le contenu de cette réforme », affirment-ils. Selon un sondage réalisé en mars 2026 par l'Institut Harris Interactive, seuls 38 % des Corses se déclaraient bien informés sur le projet.

Pour les signataires, l'autonomie doit être construite « avec les citoyens, pas seulement avec les élus ». Ils appellent à un référendum local pour valider toute évolution statutaire majeure.

Des précédents inquiétants

Le collectif s'appuie sur des exemples internationaux pour étayer son argumentaire. « En Sicile, l'autonomie a favorisé l'émergence de réseaux mafieux ; en Catalogne, elle a exacerbé les tensions identitaires », rappellent-ils. « La Corse n'échapperait pas à ces dérives si des garde-fous solides ne sont pas mis en place. »

Ils préconisent notamment la création d'une autorité indépendante de contrôle des élus, le renforcement de la transparence des financements politiques et l'instauration d'un scrutin proportionnel pour l'élection de l'Assemblée de Corse.

Une réponse du gouvernement attendue

Interrogé sur ces critiques, le ministère de l'Intérieur a indiqué que le projet de loi « prévoit déjà des mécanismes de contrôle renforcés » et que « le dialogue avec les élus corses a été permanent ». Toutefois, les universitaires restent sceptiques. « Les promesses de transparence ne suffisent pas ; il faut des garanties juridiques », concluent-ils.

Le débat parlementaire sur le texte doit s'ouvrir à l'Assemblée nationale en septembre 2026. D'ici là, les opposants entendent bien faire entendre leur voix.

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