Les députés ont adopté en première lecture, mercredi 24 juin, le projet de loi sur l'autonomie de la Corse, un texte issu de longs mois de négociations entre le gouvernement et les élus corses. Ce vote, acquis par 287 voix pour et 126 contre, marque une étape historique dans le processus de décentralisation engagé depuis 2022.
Un compromis inédit entre majorité et opposition
Le texte prévoit un statut spécifique pour l'île, avec des compétences élargies en matière de développement économique, de transport et de culture. L'article 1er reconnaît un "peuple corse" comme composante du peuple français, une formulation qui a suscité des débats houleux. Selon le rapporteur général, Jean-Michel Foulquier (LREM), "ce compromis est le fruit d'un travail collectif qui a su dépasser les clivages traditionnels".
Des avancées concrètes pour l'île
Le projet de loi octroie à la collectivité de Corse un pouvoir réglementaire renforcé dans plusieurs domaines, notamment la gestion des déchets, l'énergie et l'urbanisme. Un fonds de développement territorial de 200 millions d'euros sur cinq ans est également prévu pour accompagner la transition écologique de l'île. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a salué "un équilibre entre les aspirations autonomistes et l'unité républicaine".
Les oppositions entre critiques et abstentions
Les députés de La France insoumise et du Rassemblement national ont voté contre, dénonçant respectivement un "démantèlement de la République" et un "cadeau fait aux nationalistes". À gauche, une partie des socialistes s'est abstenue, jugeant le texte insuffisant. Pour la députée insoumise Mathilde Panot, "ce projet de loi ouvre une boîte de Pandore qui menace l'égalité républicaine".
Une procédure accélérée vers le Sénat
Le gouvernement a engagé la procédure accélérée, ce qui limite le nombre de navettes parlementaires. Le texte doit désormais être examiné par le Sénat à partir de septembre. Si les sénateurs modifient le texte, une commission mixte paritaire (CMP) sera réunie pour trouver un compromis final. Le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a exprimé sa satisfaction : "C'est une victoire pour le peuple corse, mais le chemin est encore long."



