Attaques racistes contre des maires : la gauche dénonce le silence du gouvernement
Attaques racistes contre des maires : la gauche dénonce le silence

Attaques racistes contre des maires : la gauche dénonce le silence du gouvernement

Les députés insoumis, écologistes et communistes ont vivement critiqué mardi le manque de soutien du gouvernement face aux attaques racistes et islamophobes visant des maires nouvellement élus. Ils appellent le président Emmanuel Macron à une condamnation ferme et à des actions concrètes pour protéger ces élus de la République.

Un déferlement de haine raciste

Lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, le porte-parole du groupe Écologiste, Benjamin Lucas-Lundy, a dénoncé un « déferlement de haine raciste, parfois islamophobe » à l'encontre de plusieurs élus. Il a souligné que ce phénomène était « trop peu commenté et condamné par le gouvernement ». Le député a exigé « des actes fermes et forts » pour assurer la protection des édiles concernés.

Benjamin Lucas-Lundy a également appelé le président de la République à jouer pleinement son rôle de gardien des institutions. « Nous attendons du président de la République qu'il condamne fermement et qu'il reçoive les élus injustement attaqués », a-t-il insisté.

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Le cas de Bally Bagayoko

Parmi les maires ciblés figure Bally Bagayoko, nouvel édile de Saint-Denis élu sous l'étiquette La France Insoumise. Il a été la cible de nombreux commentaires racistes, notamment après des propos tenus sur la chaîne CNews évoquant « la famille des grands singes » dans un débat le concernant.

Lundi, les ministres de l'Intérieur Laurent Nuñez et de la Culture Catherine Pégard ont finalement apporté leur soutien au maire de Saint-Denis. Cependant, cette réaction a été jugée tardive et insuffisante par les groupes de gauche.

Exigences de mesures concrètes

Le groupe écologiste a exigé que des mesures concrètes soient prises contre les chaînes d'information, en particulier CNews et les médias du groupe Bolloré, accusés de véhiculer cette haine raciste. « Il faut des sanctions contre ces médias qui propagent des discours insupportables », a martelé Benjamin Lucas-Lundy.

La cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, a exprimé son indignation face au silence prolongé du gouvernement. « Je suis absolument choquée et indignée du silence du gouvernement. Il a fallu attendre plusieurs jours pour que le ministre de l'Intérieur réagisse », a-t-elle déclaré.

Mathilde Panot a également critiqué la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, pour son absence de soutien envers Bally Bagayoko. « Elle n'aura pas trouvé un instant pour dire un mot de soutien ou s'exprimer contre ce racisme crasse », a-t-elle déploré, avant d'ajouter : « Je passe sur le président Macron qui lui aussi n'a pas un mot dessus ».

Indignation partagée chez les communistes

Du côté des communistes, le président du groupe Stéphane Peu a partagé cette indignation. Il a estimé que le gouvernement se devait d'avoir une parole plus forte, dénonçant « un silence assourdissant » face à un déferlement raciste qui dure depuis deux semaines.

Stéphane Peu a annoncé qu'il interrogerait le ministre Sébastien Lecornu lors de la prochaine séance de questions au gouvernement, pour exiger des explications et des actions immédiates.

Les groupes de gauche restent unis dans leur demande : une condamnation claire et sans équivoque du président de la République, ainsi que la mise en place de mesures protectrices pour les élus victimes de ces attaques haineuses.

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