Le député LFI Rompt le Silence sur l'Affaire Quentin Deranque
Pour la première fois depuis que des proches ont été mis en cause dans la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque, le député La France insoumise Raphaël Arnault s'est exprimé publiquement. Dans un entretien accordé au média en ligne Blast et publié ce mercredi, l'élu a réaffirmé avec fermeté sa volonté de poursuivre son mandat parlementaire, malgré les appels à la démission et le contexte tendu.
Un Silence Justifié par les Menaces et la Tristesse
Raphaël Arnault, cofondateur du mouvement antifasciste dissous La Jeune Garde, n'avait pas pris la parole médiatiquement depuis l'affaire, se limitant à quelques messages sur les réseaux sociaux. Il explique aujourd'hui que son silence était en partie dû aux menaces de mort qu'il a reçues, mais aussi à une profonde tristesse et un besoin de prendre du recul. « Je n'avais pas la sensation que prendre la parole dans ce moment, ça aurait été très opportun pour apaiser les choses. J'avais une peur affreuse qu'il y ait une violence qui s'embrase dans le pays à ce moment-là », a-t-il déclaré, soulignant son souci d'éviter toute escalade.
Retour au Travail Parlementaire Malgré la Polémique
Le député insiste sur sa détermination à reprendre ses activités à l'Assemblée nationale, motivé par les nombreux messages de citoyens le sollicitant pour son travail, notamment sur des dossiers comme les fermetures de classes dans les écoles. « Il y avait une volonté évidemment de retourner au travail. Ni plus ni moins », affirme-t-il, rappelant qu'il n'est pas personnellement mis en cause dans la mort de Quentin Deranque, survenue en février à Lyon. Il précise qu'il n'était pas présent sur les lieux, étant à l'Assemblée, et qu'il ignorait tout des événements.
Défense de l'Antifascisme et Critiques envers le Gouvernement
Raphaël Arnault a également déploré ce qu'il qualifie d'« inversion des valeurs », critiquant ceux qui voudraient faire de l'antifascisme l'ennemi. Il a rappelé la longue histoire de violence de l'extrême droite à Lyon et a vivement critiqué le ministre de l'Intérieur, l'accusant d'« indécence immense » pour avoir imputé une responsabilité à La France insoumise, qu'il estime étrangère à l'affaire. « Le seul tort de La France insoumise, c'est d'avoir gardé une boussole et de n'avoir pas cédé sur des positions qui devraient faire l'unanimité à gauche », a-t-il estimé.
Un Avertissement sur l'Antifascisme
Enfin, le député a lancé un avertissement à ceux qui penseraient que la dissolution de La Jeune Garde ou son éviction de la députation mettrait fin à l'antifascisme. « Si certains pensent qu'en détruisant un outil comme La Jeune Garde ou en effaçant une députation, par exemple, la mienne, il n'y aurait plus d'antifascisme, ils se mettent le doigt dans l'œil », a-t-il prévenu, affirmant ainsi la pérennité de cet engagement au-delà des structures.



