Non-cumul dans les Alpes-Maritimes : six parlementaires face à un choix crucial
Alpes-Maritimes : six parlementaires face au non-cumul

Le dilemme des élus maralpins après les municipales

La victoire aux élections municipales des 15 et 22 mars 2026 place six parlementaires des Alpes-Maritimes devant un choix cornélien. Conformément à la loi de 2014 sur le non-cumul des mandats, quatre députés et deux sénateurs, têtes de liste victorieuses, doivent désormais opter entre leur fonction de maire et leur siège au Parlement. Ils disposent d'un délai de trente jours pour annoncer leur décision, sous peine de voir leur mandat le plus ancien prendre fin automatiquement.

Les décisions déjà connues

La majorité des élus concernés ont d'ores et déjà fait connaître leurs intentions. Éric Ciotti, député de la première circonscription et président du groupe UDR à l'Assemblée nationale, a été élu à la mairie de Nice. Il a confirmé que sa priorité resterait la cinquième ville de France, laissant son siège de député à son suppléant, le professeur de médecine Patrick Baqué. Un nouveau président de groupe devra être désigné à l'Assemblée, bien qu'Éric Ciotti conserve la présidence de son parti.

À Menton, Alexandra Masson, députée RN de la quatrième circonscription, a promis d'être « la maire de tous les Mentonnais ». Son suppléant, Gabriel Tomatis, jeune responsable du Rassemblement national de la Jeunesse, lui succédera donc au Palais Bourbon. À Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, député RN de la sixième circonscription, a déjà pris ses fonctions de maire après son intronisation le 21 mars. Cyril Tribuiani, collaborateur de l'ancien député, le remplacera à l'Assemblée nationale.

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Les parlementaires qui restent à Paris

Certains élus ont choisi de privilégier leur mandat national. Michèle Tabarot, députée LR de la neuvième circonscription et questeure, a conduit la liste victorieuse « Continuons ensemble » mais a opté pour le maintien à l'Assemblée. Yves Pigrenet, numéro deux de la liste et maire depuis 2017, reprend donc le fauteuil de maire. De même, la sénatrice LR Patricia Demas, élue à Gilette, a annoncé son intention de poursuivre son mandat au Sénat, bien que celui-ci prenne fin dans six mois avec le renouvellement sénatorial de septembre. Jean-Claude Niel a été élu maire de cette commune de 1 600 habitants.

Les cas particuliers

Jean-Marc Délia, ancien maire de Saint-Vallier-de-Thiey devenu sénateur en remplacement de Philippe Tabarot nommé ministre, a été réélu dans sa commune. Il a décidé de revenir à la mairie, expliquant que les Valleroises et les Vallerois avaient renouvelé leur confiance et qu'il se devait de redevenir leur maire. Son successeur au Sénat sera déterminé par la règle du dernier suppléant.

Le cas le plus complexe est celui de Sandra Paire, suppléante sénatoriale et conseillère régionale. Élue conseillère municipale d'opposition à Menton pour six ou sept ans, elle pourrait accéder au Sénat mais seulement pour quelques mois avant les élections de septembre. Condamnée pour prise illégale d'intérêts mais ayant fait appel, un siège au Sénat lui offrirait une immunité parlementaire temporaire. Interrogée, elle affirme ne pas avoir encore pris de décision sur le mandat à abandonner. Philippe Tabarot précise que si elle choisit de rester à la Région et à Menton, elle devra démissionner du Sénat, laissant le siège vacant jusqu'en septembre.

Ces décisions individuelles illustrent les tensions entre ancrage local et responsabilités nationales, dans un département où l'application stricte de la loi sur le non-cumul redessine la carte politique. Les trente jours impartis seront déterminants pour l'avenir de ces élus et la représentation des Alpes-Maritimes au niveau national.

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