Face à la multiplication des vagues de chaleur, les entreprises françaises sont contraintes de s'adapter pour maintenir leur activité. Selon une enquête de la Banque de France publiée jeudi 9 juillet, 45% des sociétés interrogées ont déjà investi dans des équipements de refroidissement ou envisagent de le faire à court terme. « Je préfère investir dans des équipements que d'avoir une fermeture administrative », explique un dirigeant de PME dans le secteur de la métallurgie.
Un impact économique croissant
Les épisodes de canicule, qui se multiplient sous l'effet du changement climatique, perturbent l'activité économique. L'étude estime que les pertes de production liées aux fortes chaleurs pourraient atteindre 1,5 milliard d'euros par an d'ici 2030. Les secteurs les plus exposés sont la construction, l'agriculture et l'industrie manufacturière.
Les entreprises doivent non seulement protéger leurs salariés, mais aussi leurs machines et leurs locaux. « Nous avons installé des brumisateurs sur les chaînes de montage et modifié les horaires de travail pour éviter les heures les plus chaudes », témoigne le responsable d'une usine automobile en région parisienne.
Des mesures variées selon les secteurs
Dans le BTP, les chantiers sont souvent interrompus lors des pics de chaleur. « Nous avons perdu 10 jours de travail en juillet dernier à cause de la canicule », indique un chef d'entreprise du bâtiment. Pour y remédier, certaines sociétés investissent dans des vêtements rafraîchissants et des cabines de repos climatisées.
Dans l'agriculture, les producteurs de fruits et légumes sont particulièrement touchés. « Nous avons dû installer des filets d'ombrage et des systèmes d'irrigation plus performants », explique un arboriculteur du Sud-Est. Selon la FNSEA, 30% des exploitations ont déjà subi des pertes de récolte liées à la chaleur en 2025.
Le rôle des pouvoirs publics
Le gouvernement a mis en place un plan national d'adaptation au changement climatique, qui prévoit des aides pour les entreprises investissant dans des équipements de refroidissement. Un fonds de 200 millions d'euros a été débloqué pour soutenir ces investissements, notamment dans les zones les plus vulnérables.
« L'adaptation est un enjeu de compétitivité », souligne le ministre de la Transition écologique. Il rappelle que les entreprises qui ne s'adaptent pas risquent des fermetures administratives pendant les épisodes de canicule, comme le prévoit le code du travail.
Malgré ces efforts, l'enquête de la Banque de France révèle que 40% des PME n'ont pas encore pris de mesures. « Beaucoup de petites entreprises manquent de moyens pour investir », commente un économiste. « Il faudrait des incitations fiscales plus fortes pour les encourager. »



