En Libye, l'administration américaine à l'offensive pour tenter d'unifier le pays
États-Unis en Libye : offensive pour unifier le pays

L'administration américaine a lancé une vaste offensive diplomatique en Libye pour tenter de mettre fin à la division du pays, qui perdure depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Washington soutient activement la formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale et exige le départ des forces étrangères, notamment les mercenaires russes du groupe Wagner et les troupes turques.

Une nouvelle dynamique diplomatique

Selon des sources diplomatiques, les États-Unis ont intensifié leurs consultations avec les acteurs libyens et internationaux. L'envoyé spécial américain pour la Libye, Richard Norland, a multiplié les déplacements à Tripoli, Benghazi et Tobrouk. Il a rencontré les principaux responsables politiques et militaires, dont le chef de l'Armée nationale libyenne (ANL), le maréchal Khalifa Haftar, et le président du Conseil présidentiel, Mohamed el-Menfi. L'objectif est de relancer le processus politique bloqué depuis les élections avortées de décembre 2021.

Le départ des forces étrangères comme priorité

Un des principaux points de friction reste la présence de forces étrangères. Selon un rapport de l'ONU, environ 20 000 mercenaires et soldats étrangers sont déployés en Libye, dont 2 000 du groupe Wagner et 5 000 soldats turcs. L'administration américaine a clairement indiqué que leur retrait est une condition essentielle pour la tenue d'élections crédibles. « Nous ne pouvons pas avoir des élections libres et équitables tant que des forces étrangères interfèrent dans le processus », a déclaré un haut responsable américain sous couvert d'anonymat.

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Un nouveau gouvernement d'union en préparation

Les États-Unis poussent pour la formation d'un gouvernement d'union nationale avant la fin de l'année 2026. Ce gouvernement serait chargé d'organiser des élections législatives et présidentielle. Selon des diplomates occidentaux, des discussions ont eu lieu à Genève et au Caire pour définir la composition de ce cabinet. Toutefois, les rivalités entre les factions de l'Est et de l'Ouest restent vives. Le gouvernement de Tripoli, dirigé par Abdel Hamid Dbeibah, est accusé de corruption par ses opposants, tandis que le gouvernement parallèle de l'Est, soutenu par Haftar, réclame une plus grande part du pouvoir.

La position de la communauté internationale

L'initiative américaine est soutenue par plusieurs pays occidentaux, dont la France et l'Italie. Paris a réaffirmé son soutien à une solution politique inclusive. L'Italie, de son côté, a proposé d'accueillir une conférence de paix à Rome. La Russie et la Turquie, pourtant impliquées militairement, se sont dites favorables à un dialogue, mais sans engagement concret de retrait. L'Égypte, voisine de la Libye, a également joué un rôle de médiateur, en accueillant des réunions entre les parties libyennes.

Les défis sécuritaires et économiques

Au-delà de la division politique, la Libye fait face à une crise sécuritaire et économique. Les milices armées contrôlent une grande partie du territoire, et les infrastructures pétrolières sont régulièrement attaquées. La production de pétrole, principale source de revenus du pays, a chuté de 30 % en 2026 par rapport à l'année précédente, selon la Banque centrale libyenne. Cette baisse aggrave la pénurie de devises et l'inflation, qui touche durement la population. Les États-Unis ont promis une aide économique conditionnée à des réformes structurelles et à la réunification du pays.

Quelles perspectives pour 2027 ?

Malgré les efforts américains, les obstacles restent nombreux. Les élections de 2021 avaient échoué en raison de désaccords sur la loi électorale et les candidatures. Les analystes estiment qu'un compromis sur la répartition des pouvoirs et des ressources est indispensable. « Sans une volonté politique réelle des dirigeants libyens, aucune médiation étrangère ne pourra réussir », estime un chercheur du Middle East Institute. L'administration Biden, qui fait de la Libye une priorité, mise sur une pression diplomatique continue et des sanctions contre les faiseurs d'obstacles.

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